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Affaire sextape des élèves : ne privez pas les mineurs du droit à la scolarisation

Le ministre de l’Enseignement primaire, secondaire et technique, Tony Muaba, s’est rétracté en atténuant la sanction contre les élèves impliqués dans l’affaire « sextape ». Cependant, certaines personnes continuent de soutenir l’idée d’exclure définitivement ces élèves du système scolaire congolais. Non, quoi qu’il en soit, il ne faut pas priver de manière définitive les mineurs du droit d’aller à l’école.

Priver ces enfants de l’éducation pour toute la vie est non seulement une violation de nos lois, mais aussi une mauvaise décision. Ceux qui soutiennent l’exclusion définitive de ces élèves avancent comme argument que cela servira de leçon aux autres. A mon humble avis, j’estime que sacrifier l’avenir de certains élèves pour donner des leçons à d’autres, n’est pas une bonne chose. C’est même illégal, car tous les enfants, sans discrimination aucune, ont droit à l’éducation, sont égaux devant la loi et ont droit à une égale protection.

L’intérêt supérieur de l’enfant doit être une préoccupation primordiale dans toutes les décisions et mesures prises à son égard. C’est ce que stipule l’article 6 de la loi portant protection de l’enfant. Par intérêt supérieur de l’enfant, il faut entendre le souci de sauvegarder et de privilégier à tout prix ses droits. Y compris le droit à l’éducation.

Non, tout rapport sexuel entre mineurs n’est pas un viol

Dans un article publié récemment sur notre site, un de nos blogueurs affirme que tout rapport sexuel entre mineurs constitue un viol. Cette affirmation n’est pas forcément vraie. En effet, la loi de 2006 dont il fait mention dans son article fait plutôt allusion au rapport sexuel entre un(e) adulte et un(e) mineur(e). Le consentement du mineur étant inopérant, le rapport sexuel advenu dans ce cas est considéré comme un viol. Mais pour deux mineurs consentants, ce n’est pas systématiquement un viol.

La responsabilité de parents et de l’Etat

L’enfance est une période vulnérable, caractérisée souvent par l’immaturité intellectuelle et émotionnelle. D’où, l’Etat a l’obligation de protéger les enfants. C’est ainsi que les Etats africains ont adopté en juillet 1990, la Charte africaine des droits et du bien-être de l’enfant pour assurer une protection et porter un regard particulier sur la situation critique de nombreux enfants à travers tout le continent. Peut-on aujourd’hui affirmer que l’Etat congolais protège suffisamment les enfants ? Je pense que chacun de nous a la réponse.

Quant aux parents, vous êtes également d’accord avec moi que c’est premièrement à vous que revient la charge d’éduquer vos enfants. En droit, il y a le principe de l’irresponsabilité de l’enfant. Les parents sont donc responsables de certains actes posés par leurs enfants. Et selon l’article 13 de la loi précitée, le père et la mère ou l’un d’eux ou la personne exerçant l’autorité parentale, ainsi que l’Etat, ont l’obligation d’assurer sa survie, son éducation, sa protection et son épanouissement.

Je ne peux conclure mon propos, sans parler de l’influence négative que certaines musiques ont sur les enfants. Dans l’une de deux vidéos de ces élèves, on voit et entend clairement ces écoliers danser une musique avec des paroles vulgaires et malsaines. Là encore, j’en appelle à la responsabilité de nos gouvernants et des parents.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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