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Eduquer à la sexualité est nécessaire

Regarder une scène érotique à la télévision en présence des parents et des enfants, mais quel froid à Lubumbashi ! Un froid plus qu’hivernal. Généralement, on observe un silence lourd, puis une agitation. Et la zappette tranche. Et après ?

A l’heure de la télévision par satellite, avec les antennes paraboliques devenues presque un symbole de modernité pour les familles en RDC, même les foyers les plus « pudiques » finissent par se surprendre devant des scènes érotiques. Parfois ces séquences durent, plus que n’osent le tolérer les télévisions congolaises locales.

En réalité, estime Sam, (prénom d’emprunt), « le calme et l’agitation que suscitent les scènes érotiques sont une hypocrisie et une naïveté. Une hypocrisie des jeunes qui connaissent et pratiquent le sexe en secret d’une part, et d’autre part des vieux qui le font tous les jours. Car de plus en plus, dans les maisons de tolérances les copines ont l’âge de nos enfants devant qui on se gêne de parler du sexe. » Et d’ajouter : « Il est du devoir de tous de parler du sexe aux enfants dès le bas âge. Cela les rendra responsables. »

Etonnantes déclarations n’est-ce pas? Pourtant c’est un point de vue d’un père quinquagénaire.

Un ami l’embrassa sur la bouche, et c’était bon

J’ai rencontré Monique, 21 ans, célibataire et mère de deux enfants. Pour elle, il y a égoïsme des parents et des vieux dans la gestion des questions de sexualité. « J’ai grandi dans la maison de mon frère aîné où j’étais arrivée à l’âge de neuf ans. On ne m’y a jamais parlé de sexe. Même ma belle-sœur n’a osé m’en parler entre filles, comme je l’ai vu dans certaines familles. À chaque fois qu’il y avait des scènes érotiques à la télé, soit elle m’envoyait lui chercher quelque chose dans la maison, soit elle zappait. Les quelques fois que j’ai suivi seule ou quand elle était distraite, j’avais peur et j’étais curieuse », raconte-t-elle.

Monique a fini par se convaincre que l’acte sexuel était horrible, ou du moins, une mauvaise chose. Elle explique : « J’avais peur de souffrir, car à chaque acte sexuel vu à la télé, les femmes poussaient des cris. Et pour moi, cela faisait tellement mal. Aussi j’étais curieuse de savoir pourquoi, malgré la douleur, elle se donnait avec plaisir à cette pratique. »

À 17 ans, « un ami m’embrasse sur la bouche… c’est bon ». Depuis, Monique s’engagea dans une affaire amoureuse où elle s’est retrouvée enceinte. L’ami lui proposa du sexe une fois, avec douleur, une deuxième sans peine et puis « une habitude qui engendra les enfants sans père ». Pour cela, son frère et sa femme l’ont quand même chassée de leur maison, parce qu’elle les a déshonorés, disaient-ils. « Malheureusement, un plaisir qui m’a rendu mère sans époux, obligée de tout faire. Si au moins on m’en avait parlé ! », regrette la jeune mère.

Il parle de sexe à ses enfants qui l’admirent

Docteur Ngoie, la soixantaine, militaire et médecin, pour sa part, regarde « sans gêne les scènes érotiques en compagnie de ses enfants ». Il en profite pour leur prodiguer des conseils. Il leur procure parfois des livres sur la sexualité, la biologie et la sociologie en vue de « les éduquer à la vie ».

« C’est de cette façon que j’ai eu la confiance de mes enfants et surtout de mes filles qui m’ont honoré », explique-t-il. Etre honoré, en effet, c’est ce que veulent tous les parents : que ce soit ceux qui éduquent leurs enfants à la sexualité ou ceux qui les laissent se débrouiller seuls. C’est en fait, se marier sans passer par une grossesse hors mariage.

Notre société reste encore très accrochée à des honneurs, mais elle n’a pas le courage de cultiver ces honneurs. Les enfants ont besoin de tout apprendre des gens en qui ils ont confiance. C’est de cette manière qu’ils obtiennent de bons résultats, à l’école ou ailleurs dans la vie.

 


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Les commentaires récents (4)

  1. Un article interpellation sur nos moeurs à adapter également selon l’évolution du monde. Mais j’aurais voulu que vous utilisiez une photo locale avec des congolais et des prénoms authentiques. Ça m’a sonné peu accrocheur et courage à l’auteur.

  2. bien dit!parlé du sexe dans nos famille est un sujet tabou surtout pour nous chrétiens,parlé du sexe en famille est très nécessaires sa nous epargne a des grosses non désiré

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