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Les grossesses non désirées et précoces freinent la scolarité des filles à Goma

Les rapports sexuels non protégés causent des grossesses non désirées. Pour les jeunes filles, c’est le calvaire. La plupart sont contraintes d’arrêter leurs études. 

« Anapata diplôme !» « elle a obtenu son diplôme !» : C’est un slogan populaire à Goma, qu’on utilise pour se moquer d’une fille enceinte. Le diplôme cité, n’est pas un titre scolaire ou universitaire. Il est ici question de la grossesse d’une fille non mariée, en âge de faire des études c’est-à-dire de 12 ans à 25 ans.  

La grossesse non désirée pour des filles non mariées est considérée comme une honte et un déshonneur dans la communauté. Par ironie, la sexualité est considérée comme un parcours scolaire ou universitaire, qui se sanctionne par un diplôme : la grossesse. Ici, c’est une façon d’humilier les filles qui ont commis cette erreur.

Le statut de la « filles-mère »

Quand une fille tombe enceinte avant le mariage, on conclut qu’elle s’est méconduite et qu’elle mérite une punition. C’est ainsi que leur statut social change. Elles sont appelées : « fille-mère ». Leur vie se métamorphose radicalement.

Dans les familles, elles ne bénéficieront plus des avantages que peuvent avoir les enfants. Malgré leur jeune âge, le statut de mère les propulse dans le monde des adultes. Certaines familles arrêtent immédiatement de subvenir à leurs besoins quotidiens et refusent de payer pour leur scolarisation.

Une jeune fille obligée de subvenir seule à ses besoins n’a pas le temps de se consacrer aux études. Plusieurs de mes voisines et collègues ont arrêté leurs études après avoir donné naissance à un enfant. J’ai étudié avec Esther en première année secondaire. Aujourd’hui, elle vend des cacahouètes à l’entrée de sa maison dans le quartier.

Esther a du abandonner l’école à l’âge de 13 ans. « J’ai été obligée d’arrêter les études parce que j’étais devenue le dernier souci de ma famille. C’est comme si j’étais devenue un fardeau pour eux. On n’était pourtant pas si pauvres. Mais mes parents voulaient me faire subir les conséquences de ma désobéissance !»  m’avoue cette amie d’enfance, aujourd’hui mère de deux enfants. Comme elle, beaucoup de filles à Goma sont victimes de la déscolarisation, seulement parce qu’elles sont tombées enceintes !

Ces mauvais traitements contre les filles enceintes persistent. Si des associations de défense des droits de la femme naissent tous les jours dans la ville, les choses évoluent lentement, les discriminations persistent tandis que les garçons, eux, ont la chance de poursuivre leur cursus scolaire confortablement. Les filles restent victimes de leur plaisir. Les garçons qui mettent enceintes des filles sont même parfois valorisés par leur famille qui vante leur masculinité ou leur virilité. C’est dégoûtant !

Les jeunes filles doivent prendre des précautions en permanence et se protéger si elles ont des relations. Le meilleur moyen pour éviter ce problème est de bien contrôler sa vie sexuelle. Une sexualité responsable permettra à nos filles d’aller jusqu’au bout de leur scolarité, sans tomber dans de telles impasses.

 

 

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