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Une presse précaire garantit une démocratie handicapée

Mes parents n’ont jamais vraiment soutenu mon projet journalistique pour une raison tout à fait logique : « la vie des journalistes qu’ils connaissaient n’inspirait pas confort et sécurité ».

« Tu veux finir comme ce Monsieur qui passe son temps à lécher les bottes des politiciens pour une bière ? ». Voilà la question qu’ils me posaient régulièrement pour essayer de me dissuader.

Ma détermination

A mes débuts, je condamnais avec ardeur les journalistes qui trainaient des heures après les interviews pour voir s’ils pouvaient obtenir un peu d’argent.

Bien que je ne valide pas cette pratique, aujourd’hui je vois ce problème sous un autre angle. Pourquoi ne changent-ils pas de métier au lieu de se ridiculiser comme ça ? Mais après réflexion je réalise maintenant que s’ils changent de métier, d’autres viendront et continueront le travail. D’où la question : comment des medias ont-ils été créés sans que les propriétaires n’aient les moyens de payer leurs journalistes ?

Qui profite de cette presse précaire ?

Accusez-moi de propager la théorie de complot. Mais si cette théorie nous permet d’avancer d’un seul pas, ca me va. Je ne veux accuser personne, mais, je crois que cette autre question vaut la peine d’être posée. A qui profite une population mal informée, ou pire, endoctrinée des prêches du camp de ceux qui corrompent les medias ?

L’accès à une information indépendante est un droit fondamental en démocratie. Laisser volontairement le désordre dans ce domaine revient à handicaper la jeune démocratie congolaise.La loi pose une série de conditions pour la création d’un media en RDC. Mais, j’ai comme impression qu’il suffit d’être proche de certains hommes puissants (politiciens, militaires ou même chefs rebelles), et d’avoir un peu d’argent pour obtenir un récépissé. Le document autorise ensuite à ouvrir un media.

La démocratie a besoin d’une presse équilibrée !

Au final, on se retrouve avec des maisons de presse qui n’ont que le strict minimum en terme d’infrastructres et qui collaborent avec des journalistes pas vraiment journalistes, travaillant pour la plupart sans contrat de travail. Tant qu’ils restent des hauts parleurs du pouvoir, personne ne viendra les inquiéter. Mais lorsqu’un media propose une voie différente, il s’expose à recevoir une commission de contrôle sur les taxes. Une bonne excuse pour leur couper le signal.

Entretenir une presse précaire, c’est priver les citoyens de leur droit d’accès a une information équilibrée, traitée par des professionnels.

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