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En RDC, violences et rancunes font bon ménage sur les réseaux sociaux

« Haine na haine » ! La première fois que j’ai prêté attention à cette expression, c’était à l’occasion du Chan 2021 au Cameroun. Eliminée par le pays organisateur dans des circonstances troubles, la RDC quitte la compétition, au grand dam de ses supporters qui envahissent les pages de sport et d’actualités camerounaises pour s’attaquer aux Lions indomptables. 

Sous un autre registre, le concept « haine na haine » (haine sur haine !) renvoie à tous ceux qui critiquent les bienfaits des autres, par simple jalousie ou envie de nuire.

Journée pour un Internet sûr

A l’occasion de la journée mondiale pour un Internet plus sûr, des jeunes du Réseau Yali RDC, de l’Internet Society et du Bythiah Project, ont réfléchi sur cet effet de mode. Un effet qui se banalise et crée un espace d’intolérance sur les réseaux sociaux.

Une intolérance qui ravive également les tensions notamment ethniques. Un partisan de Tshisekedi sera sans ménagement traité de Taliban. Ceux de Fayulu de Mpangistanais, alors que les soutiens de Vital Kamerhe ont hérité de l’appellation de Nord-Coréens.

Des qualificatifs que certains hommes politiques amplifient dans leurs messages, jetant les germes de l’extrémisme et de la montée des discours haineux en ligne. Une situation inquiétante d’autant plus que, ces discours se répercutent dans la vie réelle avec des violences verbales, voire physiques.

Dans l’Est, des groupes Facebook et WhatsApp relayent des théories complotistes inspirées des « combattants » pour inciter à la violence contre des communautés qualifiées d’étrangères. Des appels à la violence qui se sont soldés par des affrontements condamnés par l’ONU.

Des débordements suffisamment inquiétants pour que Félix Tshisekedi évoque ouvertement la question à l’occasion du 36e conseil des ministres du gouvernement congolais.

Le monde professionnel à l’affût

De plus en plus d’entreprises recourent au profilage des candidats sur les réseaux sociaux. Ceux qui versent dans l’insulte sont généralement mis de côté. Une approche qui pose souvent le problème de l’appréciation qu’ont les employeurs d’aujourd’hui sur la liberté d’expression.

On l’a vu lors du procès de Vital Kamerhe avec la République du Kivu, dans l’ex Katanga et bien d’autres situations où l’extrémisme et la radicalisation des discours politiques font monter les tensions.

Vous voulez faire barrage à l’extrémisme et à la haine en ligne ?Ne soyez plus en mode « N na N » (variante graphique de Haine na haine », mais plutôt Bien na Bien.

 

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