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À Goma, la santé s’invite dans les discussions sur la paix

À Kituku, dans la ville de Goma, la paix s’est discutée autrement. Pas seulement autour des conflits ou de la prévention des violences, mais aussi autour de la santé, des droits et de la capacité des jeunes à décider de leur avenir.

Quelques jours après la Journée internationale de la paix, célébrée chaque 21 septembre, des jeunes, des acteurs communautaires et des organisations de la société civile se sont retrouvés pour une journée de réflexion et de sensibilisation organisée par AFRIYAN RDC et Heal Africa.

Au cœur des échanges, une conviction partagée par les participants : la paix ne peut être durable si elle ne s’accompagne pas du bien-être des communautés.

« Il n’y a pas de paix sans santé », lance Bénite Cishugi, membre d’AFRIYAN RDC.

Dans un contexte où les jeunes sont particulièrement exposés aux conséquences des crises et des violences, les discussions ont cherché à replacer leur rôle au centre des efforts de prévention des conflits et de cohésion sociale, mais aussi à élargir la réflexion à un autre enjeu : l’accès aux services de santé sexuelle et reproductive.

Quand la santé devient une question de paix

Pour les organisateurs, parler de paix signifie aussi parler de la capacité des personnes à vivre dignement, à accéder aux soins et à prendre des décisions éclairées concernant leur propre vie.

La journée a ainsi permis aux participants de s’informer sur la santé sexuelle et reproductive et la planification familiale. Une clinique mobile installée sur place a également permis de proposer directement certains services aux membres de la communauté.

Pour Dieumerci Musafiri, chef de bureau de l’EDA, une organisation de personnes handicapées membre du réseau AFRIYAN, cette approche doit nécessairement intégrer les personnes souvent laissées en marge.

« Toutes les personnes, sans discrimination, doivent venir dans les différentes structures et bénéficier de cette offre-là », plaide-t-il.

Sa participation au panel a également permis de mettre en avant l’inclusion des personnes handicapées dans les initiatives liées à la santé, mais aussi dans les espaces de dialogue sur la paix.

L’enjeu est double : mieux informer les communautés et faire en sorte que les services soient effectivement accessibles à ceux qui en ont besoin.

Des jeunes, pas seulement bénéficiaires de la paix

La réflexion s’est ensuite déplacée vers le rôle des jeunes dans la construction de la paix.

Juriste de formation et membre de Recherche Sans Frontière, Nathalie Nabintu travaille sur la promotion de l’agenda Jeunesse, paix et sécurité dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. À Kituku, elle a notamment présenté la résolution 2250 du Conseil de sécurité des Nations unies et ses cinq piliers.

L’objectif était de montrer aux jeunes qu’ils ne sont pas uniquement bénéficiaires des initiatives de paix, mais qu’ils peuvent également en être acteurs.

Les échanges ont porté sur leur participation aux processus de paix, la prévention des violences, la cohésion sociale et leur autonomisation, des dimensions également mises en relation avec la santé sexuelle et reproductive.

« Tout commence par une bonne santé, sur le plan intime, sur le plan des organes reproductifs », explique Nathalie Nabintu, qui estime que santé, autonomie et développement de la communauté sont étroitement liés.

La paix ne se résume donc pas, dans cette approche, à la fin des violences. Elle suppose aussi un environnement dans lequel les personnes peuvent exercer leurs droits, accéder aux services essentiels et participer aux décisions qui concernent leur avenir.

Transformer les discussions en engagements

Au-delà des panels et des séances de sensibilisation, la rencontre de Kituku avait aussi pour ambition de renforcer les liens entre les organisations de jeunesse et de valoriser les initiatives locales en faveur de la paix.

Pour AFRIYAN RDC, célébrer la paix ne devrait d’ailleurs pas se limiter au 21 septembre.

« La paix se célèbre chaque jour lorsqu’on a l’occasion de parler pour la paix », martèle Bénite.

Cette journée aura ainsi servi de passerelle entre plusieurs préoccupations souvent traitées séparément : santé, droits, inclusion, autonomisation des jeunes et prévention des violences.

À Kituku, le message est finalement simple : la paix se construit aussi dans les communautés, dans les centres de santé, dans les espaces de dialogue et à travers la capacité des jeunes à faire entendre leur voix.

Reste désormais à transformer ces engagements en actions durables. Car si la paix peut être célébrée en une journée, elle se construit, elle, tous les jours.

 

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