Comment (re)placer l’anesthésiologie au cœur du parcours des patients ? C’est autour de cette question que la Société d’Anesthésie-Réanimation de la RDC (SARDC), en collaboration avec le département d’anesthésie-réanimation de l’Université de Lubumbashi (Unilu), a organisé une journée monothématique, le vendredi 16 octobre 2026, dans la salle Muteta de la Faculté de médecine de l’Unilu. Le thème retenu : « L’anesthésiologie au cœur du parcours des patients ».
Le lancement de cette activité a été assuré par la cheffe de travaux, Dr Sagboze, chargée des relations publiques à la SARDC. Selon elle, il s’agissait non seulement d’une célébration, mais aussi d’un moment de rencontre, d’échanges et d’engagement collectif.
« Votre présence témoigne de l’importance accordée à l’anesthésiologie, à ses progrès, à son développement, à sa transmission ainsi qu’à son rôle dans notre communauté », a-t-elle souligné devant l’assistance.
La sécurité des patients avant tout
C’est le message majeur qui ressort des différentes communications présentées lors de cette journée.
Le professeur Iteke Fefe, chef du département d’anesthésie-réanimation, a ouvert les débats avec deux interventions : « Évaluation préanesthésique et anticipation des risques périopératoires » et « Sécurité anesthésique et prévention des événements indésirables en contexte de ressources limitées ».
Dans les deux présentations, le message principal était clair : une bonne collaboration entre praticiens de différentes disciplines est essentielle à la sécurité des patients.
Ce point a été prolongé lors des échanges avec l’assistance, notamment par le professeur David Mutombo, du département de chirurgie. Celui-ci s’est interrogé sur le retard dans la mise en œuvre des protocoles de réhabilitation améliorée après chirurgie (RAAC), pourtant évoqués dans son mémoire depuis plus de cinq ans.
Les professeurs Manika et Tshisuz ont abordé d’autres aspects essentiels de la prise en charge des patients.
Dans son exposé consacré au rôle de l’anesthésiste-réanimateur dans la prise en charge des urgences vitales et des patients critiques, le professeur Manika a insisté sur la nécessité de savoir gérer ces situations avec les moyens disponibles, en recourant notamment à des scores d’évaluation simples, accessibles à travers des applications numériques.
Le professeur Tshisuz, quant à lui, a traité de la « Prise en charge de la douleur, surveillance postopératoire et récupération du patient ». Il a souligné l’importance de connaître les différentes échelles d’évaluation de la douleur avant d’instaurer un traitement antalgique.
Il a également rappelé les précautions à observer dans l’association des médicaments contre la douleur, mettant particulièrement en garde contre l’association de la morphine et du tramadol, qu’il a qualifiée de « combinaison contre nature ».
L’intervenant a aussi attiré l’attention sur l’absence fréquente de salles de surveillance postinterventionnelle (SSPI) dans de nombreux blocs opératoires de Lubumbashi, alors que ces espaces jouent un rôle important dans le suivi des patients après une anesthésie.
Renforcer les pratiques malgré les difficultés
Dans son mot de clôture, le professeur Michel Manika a rappelé une idée essentielle :
« L’anesthésiste-réanimateur n’est pas uniquement un acteur du bloc opératoire. Il est un maillon essentiel de la sécurité du patient, depuis son évaluation initiale jusqu’à son rétablissement. »
La journée s’est achevée autour d’un cocktail offert aux invités par la SARDC et le département d’anesthésie-réanimation de l’Unilu, au Bassin, à Lubumbashi.
Au-delà des communications scientifiques, les échanges ont ainsi mis en évidence la nécessité d’améliorer l’organisation des soins, la collaboration entre professionnels et la sécurité des patients, même dans un contexte de ressources limitées.
« En attendant de meilleures conditions de travail, renforçons notre organisation, améliorons nos pratiques et consolidons notre engagement collectif pour la sécurité de nos patients », a recommandé le professeur Michel Manika, président de la SARDC au Katanga.
