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Affaire « les lycéennes » et une boite de nuit à Kinshasa : la révolte des internautes

Imaginez des lycéennes qui, au lieu d’aller en cours, vont se dénuder en boite. C’est pourtant ce qui est présenté sur la toile comme un concept créé par une boite de nuit à Kinshasa. Disons plutôt boite de jour et de nuit, à en croire les affiches. De quoi s’agit-il réellement ? Serait-ce une incitation des mineures à la débauche ?

Notre webocratie a parcouru à ce sujet différents posts des internautes sur Facebook et Twitter. Nous avons aussi contacté la boite qui a lancé cette idée des « lycéennes ». Elle a donné sa version des faits ; j’espère que vous me direz ce que vous en pensez.

Hier les « Ujana », aujourd’hui les « lycéennes »

Rigaud Gomba, influenceur de renom à Kinshasa, ayant appris cette affaire de boite de nuit et de lycéennes, poste une photo de lui s’entretenant avec le ministre honoraire de l’Enseignement primaire, secondaire et professionnel, Maker Mwangu, pour l’appeler à s’impliquer contre ce qu’il qualifie de « concept immoral ». Il finit son post par le hashtag #TokoMesanaTe, pour dire que nous n’allons pas nous y habituer.

Pour ce geste de courage, il a reçu beaucoup d’encouragements des internautes. Toutefois, sur Twitter, le réseau des libres penseurs, les avis sont plutôt partagés. Quand @Deborah Nyambugabo se questionne sur le sens de ce concept tout en le condamnant, d’autres internautes donnent des  avis contraires.

Sortir de nos « enfermements culturels » devrait nous aider à comprendre le sens de ce concept, estime @Kaseki8

Le chômage, la mère de tous nos maux…. Pour @BabwineM, ventre affamé n’a point d’oreille. C’est le chômage et la faim qui sont à la base de cette situation. En tout cas, le Congolais a le génie de lier la situation politique à tout malheur.

Peut-être, comme le propose @MimieMuninda, il faut juste bien encadrer ce genre d’événement.

Une « boite de jour comme de nuit »

Nous avons contacté les organisateurs de ces évènements et créateurs du concept « les lycéennes », le night-club, Nexxt.  D’emblée, sachez que les affiches qui circulent sur la toile sont bien leurs, et ils se définissent comme « la seule boite de jour » de Kinshasa.  Raison pour laquelle, ces évènements débutent à 14 heures. Heures à laquelle les vraies lycéennes, celles qui étudient les maths, le français… à l’école, sont censées être en cours.

« Il ne s’agit pas de vraies lycéennes. L’idée est partie de la remarque selon laquelle, notre boite était fréquentée plus par les hommes que les femmes… c’est comme un collège, disait nos clients », explique un représentant de la boite contacté au téléphone. « Ainsi, nous avons jugé bon de commencer à inviter plus de dames pour équilibrer, d’où le concept ‘’les lycéennes’’ », ajoute-t-il.

« Quant à l’habillement, c’est un style qui s’est développé sous d’autres cieux, comme en Europe. On organise des soirées en tenue blanc ou noir comme on veut… c’est comme ça que nous  organisons nos soirées sous ce modèle avec un style d’habillement pour chaque soirée. Jeu de lit, tenue de lycée, rentrée de classe», explique-t-il. Et de préciser : « Ce sont nos employées, celles qui participent à l’organisation de nos soirées qui s’habillent en tenue dédiées et elles ne sont pas mineures. »

« Les lycéennes », un concept qui dérange ?

N’est-ce pas un moyen d’inviter plus de mineures et encourager la pédophilie ? Sur ce point, sa réponse est sèche : « Non ! On n’accepte pas les mineures dans les boites, comme le dit la loi congolaise. Donc même si elles viennent, elles ne sont jamais acceptées chez nous. Sur nos affiches, il est écrit que ce concept est dédié aux dames. »

À noter que l’incitation des mineurs à la débauche est punie d’une servitude pénale  de 10 à 20 ans, selon l’article 172 du code pénal, nous explique Dido Songole, avocat au barreau de Matete à Kinshasa. Il conclut que « sur le plan juridique, ce concept constitue une infraction à la loi ».

Et pendant que je mettais la dernière main à la rédaction de ce billet, un update de Rigaud Gomba sur son compte Facebook annonce que Nexxt Club est scellé par la Commission nationale de censure des chansons et des spectacles. Pour une fois, les autorités ont été promptes à réagir aux cris des internautes. Le fameux concept « Les lycéennes » n’a pas résisté à la pression de la toile !

Ainsi donc Internet n’est pas qu’un passe-temps, ni un simple album-photo virtuel. En en faisant bon usage, on peut faire contrepoids aux antivaleurs et construire une société plus respectueuse des normes, avec des citoyens conscients et responsables.

 

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