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Amida Shatur, la mal-aimée des misogynes congolais

« La femme est faite pour céder à l’homme et pour supporter même son injustice », écrivait, non sans faire preuve de sexisme, Jean-Jacques Rousseau. Cette injustice, Amida Shatur, épouse de l’homme politique congolais Vital Kamerhe, la vit depuis plusieurs années. Chaque jour qui passe, des hommes et femmes lui déclarent leur haine sur les réseaux sociaux. Son seul tort : avoir été en mesure de dire non à un homme.

Que la vie amoureuse d’une personne, femme d’une personnalité politique soit-elle, constitue le sujet d’un débat, cela devrait choquer plus d’un. Avec un taux élevé de feminicides dans le monde, une femme ne devrait pas avoir besoin de s’expliquer au monde entier pour avoir quitté un homme. D’autant plus que les hommes qui quittent leurs épouses ne rendent des comptes à personne.

Dans un pays où la parole de la femme peine à se libérer, comme au Congo, Amida Shatur devrait, pour avoir pris des décisions utiles pour elle, être soutenue et non pas insultée. « A chaque fois qu’on mélange la vie publique et la vie privée, on abaisse le débat », disait Manuel Valls, ancien Premier ministre français.

Une société congolaise machiste

La société congolaise ne rate jamais, malheureusement, une occasion de faire briller son machisme. Les commentaires sur le cas d’Amida Shatur sont en réalité l’arbre qui cache la forêt. Des violations des droits de la femme congolaise.

N’avons-nous pas vu une femme se faire remonter les bretelles sur les réseaux sociaux pour avoir dénoncé publiquement les violences conjugales qu’elle subissait de la part de son pasteur de mari ? Le silence des défenseurs des droits des femmes dans pareille situation devrait questionner.

Au Congo, tout ou presque est à refaire, le travail à faire est vaste. Un individu, homme ou femme, devrait être jugé en fonction de son apport aux défis si nombreux. Amida Shatur devrait, dans ce cas, faire l’objet des débats lorsqu’il faudrait évoquer les activités de sa fondation comme les bourses octroyées aux enfants des militaires ou encore les différents dons aux orphelinats.

On s’interrogerait, dans ce cas, sur l’opportunité des activités de sa fondation ou sur leur impact dans la société.

À bas le sexisme !    

Des décennies durant, la femme congolaise a été victime du sexisme masculin. Violée, mutilée et écartée du processus de décision, elle a toujours été traitée comme un objet par l’homme. Certains hommes, malheureusement, ne pensent à la femme que pour assouvir ses pulsions sexuelles et non pas comme un être qui a droit au respect.

S’en prendre à Amida pour des questions qui relèvent de son intimité c’est remuer le couteau dans la plaie de celles qui sont obligées de vivre avec le regard méprisant de la société pour avoir pris une décision qui leur était salutaire. C’est cracher sur la mémoire de toutes les victimes des féminicides qui, craignant le jugement de la société, ont été obligées de vivre avec leurs tortionnaires de maris.

 

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Les commentaires récents (3)

  1. Se battre pour sa survie est légitime, protéger ses enfants est vital mais popularisé sa vie est malsain. Bcp des femmes ont divorcées mais laissent leur vie privée dans le domaine du privé. Elle joue le jeux de la téléréalité et se croit star comme les Kardashian alors qu’elle assume toutes les conséquences et tous les revers de la célébrité. Dommage pour ses enfants. Mais bon c’est son choix