Dans notre société l’attrait physique est valorisé. Mais dans le monde professionnel, les femmes doivent fournir des efforts énormes pour faire passer leurs compétences avant leurs physiques. Entre préjugés, jalousies et suspicions, des nombreuses femmes sont obligées de se battre pour que leurs compétences soient reconnues. À cause de cela, certaines femmes choisissent même de renoncer à travailler.
Au sein des institutions congolaises, une belle femme est souvent jugée à travers son physique qu’à travers ses compétences. “Elle a réussi grâce à son charme”, accuse-t-on ici et là. Quand bien même une promotion aura été le fruit des nuits blanches, des sacrifices et d’une discipline sans faille.
Colette, enseignante dans une institution supérieure à Kinshasa, en sait quelque chose. Malgré ses diplômes et son sérieux, elle a été soupçonnée de séduire ses collègues masculins voire ses étudiants. “Je ne peux même pas partager un café avec un collègue sans que les rumeurs commencent à circuler”, confie-t-elle. Ce climat de méfiance l’a conduit à limiter ses interactions au risque de s’isoler sur son propre lieu de travail.
La confiance dans un couple et ses effets positifs sur la dignité des femmes professionnelles
Les relations de couple ont une incidence certaine sur la vie professionnelle. Des nombreux témoignages des femmes mariées qui considèrent les collègues femmes de leurs maris comme des rivales, m’ont été rapportées.
Chantal, épouse d’un fonctionnaire, raconte : “Au début, je voyais les collègues femme de mon mari comme une menace. Mais en les rencontrant, j’ai compris qu’elles étaient simplement des partenaires de travail.” Cette perception contribue à assainir le climat professionnel et à protéger la dignité de toutes les femmes. La fidélité doit se bâtir sur la confiance et non sur la suspicion.
Quand son physique pousse à renoncer au monde professionnel
Certaines femmes mariées choisissent de ne pas travailler du tout craignant que leurs physiques n’éclipsent leurs compétences. Elles redoutent les commentaires désobligeants de leurs belles-familles et/ou les réactions négatives de leurs maris. “Il vaudrait mieux pour moi de rester en retrait du monde professionnel que de risquer d’essuyer des commérages méchants concernant mes attraits physiques, confie encore Colette. Si je dois choisir la vie professionnelle, alors je préfère le faire tout en étant célibataire pour protéger ma dignité.”
Ce renoncement prive la société de talents précieux et renforce l’idée que l’attrait physique est incompatible avec la carrière. Pourtant il est possible de concilier vie professionnelle et vie familiale à condition que la confiance et le respect mutuel soient au cœur des relations.
L’attrait physique ne devrait jamais être un handicap pour l’entrée dans la vie professionnelle. Les femmes congolaises ne méritent pas les préjugés et les suspicions injustes.
