article comment count is: 0

Kimpese : l’Université chrétienne ouvre l’année académique autour de l’humain et des nouvelles technologies

L’Université chrétienne de Kimpese (UCKIM), dans la province du Kongo Central, a lancé, samedi 24 octobre 2026, son année académique 2026-2027 à travers une cérémonie inaugurale couplée à un colloque scientifique. Au centre des discussions : l’intelligence artificielle, les technologies quantiques, la puissance publique et la transformation de l’enseignement à l’ère du numérique.

Placée sous le thème « Penser l’avenir : croiser l’humain, la technologie et les mutations du monde contemporain », la rencontre a réuni enseignants, chercheurs, étudiants et jeunes intéressés par les questions scientifiques, technologiques et sociétales.

Quatre panélistes ont échangé avec l’assistance, invitant notamment les étudiants à réfléchir à leur place dans un monde marqué par l’intelligence artificielle et les transformations numériques.

Pour l’UCKIM, associer les jeunes à ce type de rendez-vous s’inscrit dans sa volonté de former non seulement des diplômés, mais aussi des citoyens capables d’analyser les défis de leur époque et de contribuer aux solutions.

Une université entre foi, science et innovation

À travers cette rencontre, l’UCKIM a réaffirmé sa vocation à faire dialoguer la foi, la science et l’innovation. L’institution entend promouvoir une réflexion interdisciplinaire sur les rapports entre l’être humain, les technologies et les mutations du monde contemporain.

Boaz Mansisa, doctorant en droit et directeur de cabinet, s’est exprimé au nom du recteur empêché, Éric Sumbu Zola. Il a présenté l’ambition de l’université de devenir un espace de rigueur intellectuelle et d’innovation.

« Nous voulons faire de l’UCKIM un espace où les connaissances sont étudiées avec rigueur et où l’innovation devient progressivement une pratique du travail », a-t-il déclaré.

L’intelligence artificielle, entre promesses et dangers

Le révérend Baudouin Lenga, doctorant en neurosciences, a centré son intervention sur « La cybernétique psychobioélectronique des neurones du cerveau humain face à la percée de l’intelligence artificielle ».

Pour lui, l’intelligence artificielle ne doit pas être réduite à une simple avancée technologique. Il l’a qualifiée d’« outil d’assujettissement », estimant qu’elle peut présenter des risques pour l’autonomie de la pensée, la liberté de décision et le devenir de la société.

Le chercheur a appelé à associer l’intelligence artificielle à une « intelligence théocentrique croisée », plaçant Dieu au centre de la réflexion scientifique. Selon lui, le cerveau humain demeure le modèle originel de la cybernétique, tandis que les machines tentent d’imiter certaines capacités humaines sans en reproduire toutes les dimensions.

Il a également relié les neurosciences à la culture et à la spiritualité, évoquant la culture Nkongo de Makuku Matatu comme une source de réflexion sur les rapports entre l’être humain et la technologie.

Vers un premier ordinateur quantique congolais ?

Le professeur Guillit Thomas Dikatuluakila, docteur en cybersécurité et enseignant à l’Université de Lille, a abordé la diffusion des technologies quantiques dans l’enseignement universitaire.

Il a notamment annoncé un projet visant à développer un premier ordinateur quantique congolais, en insistant sur l’importance des compétences scientifiques et des algorithmes.

« Ce sont des algorithmes que nous allons utiliser. Il y aura des suites arithmétiques et algorithmiques qui seront des instructions complémentaires par rapport au niveau national », a-t-il expliqué.

Selon lui, le véritable défi n’est pas seulement scientifique, mais aussi institutionnel et pédagogique. Parmi les applications envisagées figurent notamment le traitement de l’information et les télécommunications.

Le professeur a également appelé les étudiants à faire un usage moral et responsable de l’intelligence artificielle.

Repenser la puissance publique et l’enseignement

Boaz Mansisa a, de son côté, abordé le thème « Repenser la puissance publique dans un monde en mutation ». Il a évoqué les crises politico-sécuritaires qui fragilisent l’autorité de l’État dans plusieurs régions du monde.

« L’État se retrouve dans une situation où il ne peut plus exercer convenablement sa puissance, notamment pour départager le fort et le faible », a-t-il déclaré.

Il a plaidé pour une réappropriation de la puissance publique afin de rééquilibrer les forces et de protéger les plus vulnérables.

Intervenant en visioconférence, Fatima Zahra Ouariach a présenté le thème « Les technologies éducatives et la transformation de la communication pédagogique ».

Elle a défendu une éducation participative dans laquelle l’étudiant n’est plus un simple récepteur passif du savoir, mais un acteur de son apprentissage à l’ère de l’intelligence artificielle.

Selon la décision rectorale lue par Boaz Mansisa, le colloque doit être suivi d’un culte ce dimanche 25 octobre dans l’enceinte de l’UCKIM. La reprise des cours est prévue lundi 26 octobre.

L’université organise ses formations dans cinq domaines, notamment les sciences économiques et de gestion, les sciences et technologies, les sciences agronomiques, les sciences de l’éducation et les sciences juridiques et politiques.

Au-delà de la cérémonie d’ouverture, ce colloque a placé une question au cœur des échanges : comment former des étudiants capables de maîtriser les nouvelles technologies sans perdre de vue les dimensions humaines, éthiques et sociales de leur utilisation ?

 

Est-ce que vous avez trouvé cet article utile?

Partagez-nous votre opinion