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À Beni, on conserve bien la bière mais pas la viande

Dans les boucheries de la ville de Beni, les viandes à vendre sont exposées aux mouches et à la poussière. Elles pourrissent rapidement par manque d’un système de conservation. Pourtant, malgré l’absence d’électricité, la bière, elle, est toujours bien fraiche et bien conservée dans cette ville.

Pour refroidir et bien conserver leurs bières, les bars de Beni utilisent des réfrigérateurs à panneaux solaires, des groupes électrogènes de grande capacité ou des générateurs à combustibles. Il n’en est pas ainsi pour les bouchers qui eux ne se donnent pas la peine de conserver par le froid les viandes qu’ils vendent à la population. Jambons, filets, entrailles et autres sont exposés aux intempéries. Voilà comment la santé de la population est mise en danger.

A quelques encablures du rond-point Nyamwisi à Beni, il y a un kalimanga, petit marché en français. À l’entrée principale de ce kalimanga, on trouve une dizaine d’échoppes vendant de la viande rouge. On peut voir de la viande de bœuf, de porc ou de chèvre exposée, et des clients qui viennent acheter. Mais là où le bât blesse c’est que toutes ces viandes sont issues des bœufs ou des porcs abattus parfois depuis trois jours et qui continuent à être vendues sans être conservées par la réfrigération ! Lorsque des mouches s’y posent, le boucher les chasse de la main avant de servir le client ! Or, de cette manière, on peut bien chasser les mouches, mais on ne peut chasser les microbes.

« Acheter le matériel de froid causerait des hausses de prix »

Tel est l’argument des bouchers, et c’est bien dommage. Pourtant, la santé n’a pas de prix, dit-on. Plus grave, la population, qui aurait dû se révolter contre cette attitude irresponsable des bouchers, semble plutôt s’habituer à ce manque d’hygiène alimentaire. Un boucher que j’interpelle sur ce sujet s’étonne même de la question, affirmant que c’est de cette manière qu’ils ont toujours vendu la viande depuis des décennies ! « Vous voulez changer cela aujourd’hui ? Dites au président de nous donner du courant et nous achèterons des congélateurs », me rétorque Mbusa, un boucher du quartier Tamende.

L’argument de manque d’électricité ne tient pas la route, car au même moment, la bière de Beni, elle, est toujours fraiche, malgré le manque d’électricité. Ainsi si les bars savent bien conserver leurs boissons grâce aux congélateurs à énergie solaire, pourquoi les tenanciers des boucheries n’en feraient-ils pas autant pour la viande ?

Dans quel état peut se retrouver une viande mal conservée et vendue à la population ? Moi je dis que ce n’est plus la viande mais la mort que l’on vend à la population. Sur place à Beni, un boucher reconnait même que pour limiter les pertes, la viande qui est sur le point de pourrir, est vendue à bas prix aux malewa, ces restaurants de fortune de Beni !

Horrible ! Mais où est l’État ?

 

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Les commentaires récents (1)

  1. C’est l’image au propre du pouvoir Congolais, Nos dirigeants n’auront rien à foutre du sanitaire du citoyen amda tant qu’ils continueront à séjourné dans des hôtel 5 étoile du pays

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