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Catholiques et protestants vs églises de réveil, quelle leçon donnez-vous aux croyants ?

La RDC est suspendue aux tractations des confessions religieuses sur la désignation du successeur de Corneille Nangaa à la tête de la Commission électorale nationale indépendante (Céni). Jusque-là les huit grands représentants religieux du pays ne s’accordent pas. Une discorde qui rallume les discours haineux dans une classe politique déjà en ébullition.

Si vous-mêmes les religieux vous êtes incapables de vous entendre, qu’allez-vous enseigner à vos fidèles ? Quel exemple donnez-vous aux païens ?

Des religieux plus politisés que jamais, et qui se vilipendent sur les médias, s’entraccusant de corruption et de haine… Une situation très grave, qui met à mal la cohésion nationale et crée, au-delà du tribalisme latent, une fracture religieuse dont le Congo n’a pas besoin à l’heure actuelle.

On sait que dans l’histoire c’est le sentiment de rejet qui a donné naissance à l’intégrisme religieux et à ses dérives. Les déclarations de certains acteurs religieux sur la non-sélection d’un candidat apparemment sur la base de son origine ethnique ont cristallisé les tensions.

Des discours de haine

Ce ne sont malheureusement pas des cas isolés. En RDC, les discours de haine sont tolérés et amplifiés dans les espaces publics et se banalisent de plus en plus. Le comble c’est que même les églises sont tombées dedans. Sur les réseaux sociaux, les discours haineux prennent une tournure plus inquiétante, empêchant la liberté d’expression de ceux qui sont visés. De nombreux politiciens surfent sur cette vague pour assurer leur visibilité et consolider leur base électorale.

C’est le cas du communicateur d’un parti politique pour qui l’expression « Taliban » n’avait pas un sens péjoratif, alors qu’il est dans les commentaires en ligne, un argument pour justifier que ceux qui soutiennent le régime le font par fibre ethnique. Il en est de même de l’homophobie, où les gens déclarent ouvertement être en mesure de tuer ou de mutiler.

Leaders religieux, restez neutres

Quand les politiciens poussent leurs partisans dans les extrêmes, ils le font pour leurs intérêts du moment. Mais quand les circonstances changent, ils redeviennent pacifiques. Les églises ne devraient pas jouer un tel jeu. Elles devraient être des entités qui fédèrent les Congolais et non qui les divisent. Vous feriez mieux de laisser la politique aux politiciens. Ne faites pas une chose aujourd’hui pour la regretter demain. Les actes bons ou mauvais que vous posez vous suivront toujours.

Le Kyungu des années 90 est-il différent de celui qui est devenu l’allié du fils de celui qu’il traitait de tous les maux ? Que diront les partisans de Martin Fayulu le jour où leur leader embrassera Félix Tshisekedi ou vice-versa ?

Entre deux discours et en quelques années, on change de veste, mais la rancœur qu’on a semée n’a pas disparu.

 

 

 

 

« Cet article est écrit avec l’appui technique d’Internews, grâce au financement de la coopération suédoise, l’USAID et la coopération suisse.  Les opinions partagées dans cet article ne reflètent pas nécessairement les vues de l’Agence Suédoise de Développement International (ASDI), de l’USAID, la coopération suisse, ainsi que des gouvernements suédois, des États-Unis et suisse. »

 

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