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Des sachets plastiques dans nos chikwangue ?

Depuis quelques mois, il m’arrive de tomber sur une désagréable surprise à l’achat d’une « chikwangue ». En plus du feuillage biodégradable qui recouvre habituellement la chikwangue, certains fabricants rajoutent un sachet plastique à l’intérieur ! Je suis contre cela. Le sachet plastique pollue déjà notre environnement au quotidien, pourquoi le laisser envahir même notre alimentation traditionnelle ?

Surnommée « madame anti-sachet » par certains, la chikwangue est l’un des aliments de base à Kinshasa. Je m’interroge sur la présence de sachets en plastique dans notre quotidien kinois, mais surtout sur des solutions pratiques susceptibles de réduire leur usage. Vous comprenez donc mon étonnement lorsque je tombe sur un sachet plastique dans ma chikwangue !

Je décide alors d’effectuer des recherches sur le net. Ici, je me rends compte que peu importe les intentions des fabricants, l’idée d’emballer ainsi la chikwangue nous met inévitablement en danger, à court, à moyen ou à long terme. Selon le site La santé dans l’assiette, « les sachets plastiques sont composés de polyéthylène haute densité (PEHD) ou de polyéthylène basse densité (PEBD) qui sont des hydrocarbures obtenus à partir d’un déchet du pétrole : le naphta. » Du pétrole dans nos aliments, donc !

Le drame ne s’arrête pas là pour moi. Très récemment sur les réseaux sociaux, je découvre une autre surprise désagréable. Une publication de WWF RDC faisant la promotion d’une chikwangue dite « améliorée » avec comme caractéristique visible, l’emballage dans du sachet plastique. Pourtant, cette ONG internationale a parmi ses objectifs, la protection de l’environnement et le développement durable. J’ai du mal à comprendre comment WWF RDC peut aller à l’encontre de ses propres objectifs. Je tombe des nues. Je décide alors de leur envoyer un e-mail. J’espérais un rendez-vous avec leur équipe pour être éclairée sur le sujet.

A la rencontre des « maman ya wenze » (femmes vendeuses)

En attendant la réponse de WWF RDC, j’ai rencontré des vendeurs de chikwangue, avec une seule idée en tête : connaître les motivations qui les poussent à adopter cette nouvelle pratique dans la commercialisation de la chikwangue … Dans des quartiers tels que Ozone, Delvaux, UPN, mon escapade au cours d’une journée pluvieuse me conduit vers trois petits marchés de la place, des « wenze » comme on les appelle localement. Dans aucun de ces « wenze » je n’ai pu mettre la main sur un fabricant de chikwangue. Il n’y avait que des revendeuses disant s’approvisionner au Plateau de Bateke (d’où les chikwangue dites de Bateke). Fort heureusement pour moi, vu mon insistance, une vendeuse décide de répondre à mes préoccupations.

Elle me parle des différentes étapes de la préparation de la chikwangue. Rinçage, tamisage… jusqu’au nouvel emballage en plastique. La raison de cet ajout, « éviter que la chikwangue ne se salisse par la poussière », m’explique cette vendeuse. Consciente du danger que représente le sachet, j’en profite pour leur parler des risques sanitaires qu’elles font courir à leurs clients, en raison de l’ajout du sachet comme emballage pour la chikwangue.

Une erreur de WWF RDC

Pendant ce temps, après une attente – pas si longue que ça – j’obtiens mon rendez-vous avec l’équipe de communication de WWF RDC. L’écologiste que je suis espère et prie le bon Dieu pour que le sachet ne soit pas « l’amélioration » dont parle la WWF. Me voici ce jour-là dans leurs bureaux. Nous démarrons l’entretien avec deux membres du bureau… On parle environnement en long et en large, mais aussi chikwangue, l’objet de ma visite. Coup de bol, ils m’apprennent que l’amélioration n’a rien à voir avec le sachet. J’étais stupéfaite par cette déclaration. Devinez donc mon ouf de soulagement ! Mais pourquoi avoir publié cette photo-là ? Cette question me taraude toujours.

« Il y a eu une inattention et un malentendu. Inattention du fait que ni le photographe, moins encore le reste de l’équipe, n’avaient constaté la présence du sachet sur l’image. Et concernant le malentendu, la chikwangue emballée dans du sachet n’était pas l’objet de la promotion », m’explique un des agents de WWF RDC.  En somme, ils se sont réjouis de voir que des jeunes les aident à respecter leurs propres engagements.

Pour ma part, je me réjouis aussi d’avoir pu, par cette occasion, tirer la sonnette d’alarme, mais aussi combler tant soit peu le manque d’informations chez les vendeuses de chikwangues. Petite victoire pour une bataille gigantesque, il faut se l’avouer ! Une seule consigne : arrêtez de mettre des sachets dans la chikwangue… La lutte continue pour la défense de l’environnement !

#Kinshasaine…

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