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Conflit foncier à Katanda : la trêve ou le calme avant la tempête ?

Depuis quelques mois, on observe une résurgence de conflits fonciers ou de disputes de limites dans l’espace Kasaï. Le dernier a eu lieu dans le territoire de Katanda à environ 60 km de Mbujimayi. A chaque fois, c’est le sang des innocents qui coule. Je dis aux instigateurs de tels conflits que le Kasaï a besoin de la paix pour son développement.

Voici environ deux mois que trois groupements du territoire de Katanda au Kasaï-Oriental vivent à couteaux tirés. Il s’agit des bena Nshimba, bena Kapuya et bena Mwembia. Elles se disputent des terres arables. C’est un vieux conflit devenu récurrent et quasi permanent. Il remonte aux années 90 et a déjà fait plusieurs morts dans le passé. Dans cette partie de la province, il suffit d’une petite dispute entre deux enfants de communautés différentes pour que la guerre éclate.

Mode opératoire : machettes et incendie des cases

Il y a quelques jours, les hostilités ont repris entre les trois peuples. Des habitations ont été incendiées, plusieurs personnes blessées à la machette. Au cours d’une interview sur une radio locale, un représentant d’une des trois communautés faisait état de villages entiers désertées par des populations. Des hommes, des femmes et des enfants réfugiés en brousse, sans aucune assistance malgré la saison des pluies.

Le gouverneur du Kasaï-Oriental, Jean Maweja, dans un message radio télévisé, a ordonné la fin immédiate des hostilités et exhorté les belligérants à privilégier le dialogue et la cohabitation pacifique. Il s’agit là d’un deuxième message du gouverneur en l’espace d’un mois. Il avait déjà lancé un premier message du genre le 11 août au moment où des affrontements venaient d’éclater entre les bena Nshimba, bena Kapuya et bena Mwembia. Une délégation d’officiels partis de Kinshasa et de Mbujimayi s’est également rendue sur place en territoire de Katanda pour tenter de réconcilier les trois communautés.

A l’heure actuelle, le calme est revenu, mais c’est un calme apparent car la tension reste palpable. Et beaucoup craignent la reprise d’une nouvelle vague de violences.

Une main noire derrière ce conflit ?                      

A Mbujimayi, beaucoup sont convaincus qu’il existe des tireurs de ficelles dans ce conflit qui s’éternise. Un doigt accusateur est pointé en direction de personnalités politiques ressortissantes de Katanda. Certains mentionnent régulièrement le nom d’un député comme faisant partie de ceux qui attisent les tensions communautaires.

Quoiqu’il arrive, il est temps que les bena Nshimba, bena Kapuya et bena Mwembia apprennent à se tolérer et à vivre ensemble dans la paix. Le Kasaï a besoin de travailler pour son développement et non de s’enfoncer dans de conflits sanglants inutiles.

 

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