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Des défenses de mémoires à huis clos : cache-t-on quelque chose ?

Dans la plupart des universités et instituts supérieurs congolais, la soutenance de travaux de fin de cycle se déroule désormais sans public. Certes, la défense est un examen comme un autre. Mais il y a lieu de craindre que le huis-clos décrété lors des séances de défense ne soit qu’une échappatoire pour masquer la baisse inquiétante du niveau d’études dans nos universités.

Les insuffisances et les légèretés des autorités académiques et scientifiques dans l’encadrement de leurs étudiants, et d’autres maux qui minent et rongent nos institutions universitaires, pourraient-elles en partie être la cause de cette situation ?

« Puisque vous l’avez écrit, défendez-le ! » Tel devrait être le mantra des universités congolaises à l’heure où le niveau d’études est critiqué de toutes parts. Et la présence du public lors de ces séances de défenses devrait être par contre l’occasion pour ces institutions universitaires de se vendre et de convaincre du sérieux de la formation dans leurs établissements.

Or, aujourd’hui, la plupart des travaux de fin de cycle sont défendus à huis clos. Dans une institution universitaire de Lubumbashi où je me suis rendu, les impétrants défendent sans public, jusqu’à cinq au même moment dans une même salle, chacun assis devant son jury. D’autres, c’est dans les bureaux de leurs professeurs qu’ils soutiennent leurs travaux.

Ces séances de défense ne font même pas plus de cinq minutes. Est-ce que ce huis-clos a pour objectif de juste de liquider rapidement les effectifs pléthoriques des étudiants qui doivent défendre leurs travaux ? Moins de temps, plus de monde ? Et tout ceci ne fait que renforcer les soupçons sur la complaisance entourant ces défenses et pousse le public à s’interroger sur le bien-fondé de cette mesure.

Manque de crédibilité

Qui sait si le huis-clos a été décrété pour cacher les lacunes des étudiants et de leurs encadrants ? Moi, je le crois fermement. La défense est une pratique qui existe depuis des années et n’a rien à voir avec la situation sanitaire qui prévaut actuellement dans le monde.

Des récipiendaires ne sachant pas lire une seule phrase de leurs propres mémoires ; d’autres qui ne savent pas parler la langue dans laquelle ils ont rédigé leurs travaux ; des étudiants incapables de répondre à la moindre question ou de soutenir leurs travaux de recherche ; des travaux rédigés par les directeurs de mémoire, des assistants ou par des tierces personnes… C’est peut-être cela que ceux qui ont décrété le huis clos ne veulent pas que l’on voie.

Malheureusement, même les étudiants intelligents et assidus se retrouvent punis par cette décision. Non seulement leurs familles et leurs proches ne peuvent voir de quoi ils sont capables, ils perdent également une occasion de se mettre en lumière et de décrocher peut être un poste ou un stage grâce à leurs travaux de recherche.

 

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