Cérémonie funéraire de deux frères tombés dans un puits d'eau à Mbudi, Kinshasa 2019,@HabariRDC
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En ville, le respect des morts ça n’existe plus

S’il m’était demandé de faire le choix  entre mourir en ville et mourir au village, j’opterais sans hésiter pour mourir au village. Car au village, les morts sont encore bien pleurés et enterrés avec beaucoup de respect.

L’émotion et l’esprit de méditation qui caractérisaient les gens lors des funérailles sont en voie de disparition, pour ne pas dire qu’ils ont totalement disparu à Mbujimayi. On assiste désormais à la profanation des morts, des funérailles et des tombes. Pourtant, respecter les morts c’est aussi respecter les droits de l’homme.

Étaler toute sa mauvaise éducation au deuil    

J’ai été mal à aise un jour alors que j’étais allé consoler un ami qui avait perdu son frère dans la commune de Bipemba à Mbujimayi. Je n’en croyais pas mes yeux ! Des jeunes se livraient à des violences de toutes sortes : provocations, désordres, insultes, débordements… Tout était au rendez-vous. Une consommation exagérée d’alcool et de chanvre. Ça joue, ça rigole, ça court dans tous les sens. Aucune preuve de compassion de la part de ces jeunes gens envers la famille éprouvée. Parfois, ils versaient même de l’alcool sur le cercueil pour, disaient-ils, « honorer le mort qui de son vivant aurait été un grand buveur » !

J’ai constaté aussi que de tels désordres sont l’œuvre d’une catégorie de personnes bien déterminée. C’est notamment les étudiants, les prostituées, les badauds, etc. Le phénomène prend des allures plus qu’inquiétantes.

Les obsèques des policiers et militaires, un pandémonium

Il y a pire, surtout dans les deuils des policiers et militaires, eux qui sont pourtant censés incarner l’ordre et la discipline. Chaque fois qu’ils vont enterrer l’un de leurs, les chansons qu’ils scandent sont d’une immoralité indicible. Quelles obscénités ! Des bagarres aussi. Et ils le font en tenues de service. Parfois, lors du décès des grands-parents, leurs petits-fils s’arrogent le droit de réclamer des frais pour autoriser l’inhumation du défunt.

Je voudrais rappeler que la personne humaine, même morte, est sacrée et a droit à notre respect. Nos attitudes, nos comportements, nos paroles, nos actes, nos pensées dans les lieux de deuil, devraient être le reflet de certaines vertus.

 

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