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Matanga Feti, ces lieux de deuil devenus lieux de rencontres amoureuses

Il fut un temps où le deuil était un moment de chagrin pendant lequel les cœurs des familles du défunt, des amis et de toute personne sensible étaient plongés dans la tristesse. Aujourd’hui, le lieu de deuil est devenu celui de tous les excès possibles.

Dépenses exagérées, consommation de drogue, actes de vandalisme, vulgarités, extravagances et libations en tout genre accompagnent désormais nos deuils. C’est ce que le rappeur kinois Revolver Makangela décrie dans son single Matanga Feti . Il déplore les contre-valeurs et les réjouissances auxquelles nous assistons pendant nos moments d’affliction.

Le mauvais comportement de certaines filles de Kinshasa m’a poussé à rédiger ce billet. Toutes ne viennent pas pour compatir avec la famille éplorée, moins encore pour pleurer le défunt ! Ne pas abîmer leur maquillage à tout prix c’est la règle. L’objectif de tout ce cinéma que font ces filles sur les lieux de deuils est simple : se trouver un mec, c’est tout. Et les efforts pour y arriver ne sont pas ménagés.

Vêtements moulants et sexy

Pour atteindre cet objectif,  rien n’est laissé au hasard. Toutes les stratégies sont mises en place. Par exemple, le choix du jour : elles viennent spécialement le jour de forte affluence, le jour de l’enterrement donc. L’habillement compte aussi pour attirer l’attention : loin de moi l’idée de juger l’habillement des femmes. Elles sont libres de faire ce qu’elles veulent de leurs corps. Mais s’habiller de manière extravagante  pour attirer des regards sur soi, alors qu’il s’agit d’un deuil, c’est abuser.

Vêtements moulants, habits fortement sexy… tout est mis à profit. Parmi ces femmes, il y en a qui y vont de manière à faire forte impression, d’autres par contre se font moins visibles  et moins extravagantes, mais toutes poursuivent le même objectif. Les « Kunda ebembe » comme on les surnomme dans certains coins de la capitale, c’est la catégorie de filles qui ne manquent pas de s’exhiber, même à la plus petite occasion de deuil.

Les « Kunda ebembe » trouvent toujours une raison pour justifier leur présence

« Nous venons aux funérailles de la sœur d’une amie qui a perdu son beau-frère… », peut-on les entendre dire. J’avoue n’avoir jamais compris le lien qui existait entre elles et le défunt dont elles parlaient. Y sont-elles allées par compassion ou pour une conquête ? Je ne sais ! Les liens familiaux ou amicaux importent peu pour les « Kunda ebembe ». Tant qu’il y a deuil même d’un inconnu, on les verra roder tout autour. Même si dans leur calcul, la notoriété du défunt ou de sa famille est un élément essentiel. Elles vont là où elles ont l’espoir de décrocher l’homme d’un soir ou d’une vie, tout dépend, l’idéal étant que cet homme soit assez bien assis financièrement.

Le manque de respect dû au mort a conduit à une banalisation croissante du deuil qui ne cadre plus avec notre culture ni avec nos valeurs bantoues. La société kinoise toute entière, avec l’appui des autorités politico-administratives et les médias, devra se lever pour venir à bout de ce fléau qui gangrène notre ville.

Et vous, chères lectrices, êtes-vous « Kunda ebembe » ou « Lela ebembe » ?  Allez-vous aux obsèques par compassion ou pour faire des conquêtes ?

 


Vous pouvez lire aussi : Quêtes pour les funérailles : attention aux arnaques !

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Les commentaires récents (3)

  1. L’éducation citoyenne est aussi très importante pour traiter ce genre dr cultures et.aussi travailler pour sortir le Peuple de.la précarité…

  2. Ariel mubiala merci pour cet article .
    il faut davantage des personnes comme vous pour révolutionner et dire non a certains comportement mal sain.
    et d’ailleurs mibali basi bayeba bango
    jamais bakolinga ko bala mwasi Ya bingo .
    sincèrement ata libala to musala eza pasi .
    est ce quil faut arriver a de telles attitudes ??
    moi je dis non mille fois a ces dames qui ternissent notre images .

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