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Mbujimayi sous la menace des enfants des rues

On ne les voyait presque plus sur les principales artères de Mbujimayi. Ces enfants en divagation, sans famille ni parent connu, et qui squattaient les immeubles et les places publiques. Mais ces derniers mois, ils sont de retour et font parler d’eux pour leurs actes de banditisme comme à leur habitude. Encore une fois, la population en a ras-le-bol.

A Mbujimayi, les enfants des rues sont à nouveau omniprésents. Vous les rencontrez partout. Et quand vous passez, ils vous regardent des pieds à la tête, ils scannent vos poches et votre sac, cherchant une occasion de vous ravir quelque chose. Dans la terminologie locale, on préfère les appeler les « enfants du marché ». Comme si les marchés étaient féconds et pouvaient engendrer ! Ils portent ce nom, sans doute parce que ces enfants sont nombreux dans les différents marchés de la ville. Ils se font remarquer soit par leurs habits sales ou leurs haillons, soit par leurs actes de brigandage régulièrement dénoncés par la population.

« Dès qu’il est huit heures, les enfants du marché sortent de leurs cachettes à la recherche des moyens de survie. Tous les moyens sont bons pour y parvenir. Vol, extorsion, violence… J’ai moi-même été victime de vol        par ces enfants », témoigne une tenancière d’un salon de coiffure érigé aux abords du marché Dibindi.

Il n’y a pas que les habitants de Mbujimayi qui subissent la loi de ces enfants non accompagnés. Les villageois et les marchands venant de l’intérieur de la province paient aussi un lourd tribut. Ils sont dépouillés en pleine journée, ici au marché Dibindi. Plus grave, ces enfants des rues n’hésitent pas à tabasser leurs victimes, et même à les blesser au couteau ou au rasoir. La police intervient rarement. Une autre victime, la quarantaine révolue, raconte : « Il y a une semaine après avoir fini de vendre ma marchandise, deux jeunes m’ont interceptée au rond point de l’Etoile. Ils m’ont ravi tout l’argent que j’avais sans que les passants et même la police ne me viennent au secours. »

De la vengeance dans l’air ?

Désormais, certains se demandent s’il faut avoir des gardes du corps pour se rendre au marché. Les cas d’agression se multiplient, surtout les vols de téléphones portables. À cela s’ajoute l’indifférence de la police… Face à cette montée en puissance de ces jeunes gens, les langues commencent à murmurer l’idée de se venger. Un changeur de monnaie y fait allusion : « Chaque jour qui passe, on compte plusieurs cas de vol, d’extorsion ou de violence commis par ces enfants. Nous demandons à l’État d’intervenir, sinon nous allons nous prendre en charge pour mettre fin à cet état de chose comme en 2004. »

Rappelons-nous qu’en septembre 2004, plusieurs enfants des rues ont été massacrés, la plupart brûlés vifs à Mbujimayi dans une vindicte populaire généralisée. Un rapport de la Monuc avait avancé un chiffre de plus de 50 morts. C’était à une époque où ces enfants séquestraient même des policiers. Lassés de subir des actes barbares et atroces de ces jeunes délinquants, les Mbujimayiens s’étaient fait justice. Chose que nous condamnons évidemment. Mais par ce billet nous tirons la sonnette d’alarme en direction des autorités. Mieux vaut prévenir que guérir, dit-on.

 


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