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Examen à choix multiple : les derniers peuvent être les premiers

Les examens d’Etat en République Démocratique du Congo se font par choix multiple, un système qui ne rend pas forcement justice aux nombreux finalistes des études humanitaires.

Le 6 juillet dernier, le ministère de l’Education congolais a publié les premiers résultats des examens d’Etat, un équivalent du baccalauréat français. Cela s’est fait d’abord à Kinshasa, puis progressivement dans le reste des provinces du pays. Et ce serait faire preuve d’un grand humour que de dire que ces fameux résultats sont sans surprise, ou justes à chaque publication.

En effet, après six ans d’études d’humanités, les futurs universitaires congolais passent un examen sanctionnant leur fin de cycle d’étude secondaire. Au cours de cette ultime épreuve, les candidats font face à un système de questions à choix multiple, où après réflexion (du moins théoriquement), ils n’ont qu’à cocher l’une des assertions que leur propose le questionnaire. De ce fait, les correcteurs ne se contentent que des croix sous leurs yeux, peu importe la réflexion réalisée par le candidat.

Par conséquent même les élèves les moins doués ont la possibilité de répondre à toute question sans aucun effort de réflexion ou de raisonnement. A cause de ce système, on assiste très souvent à de nombreuses situations pour le moins déplorables. Certains suivent un cursus scolaire irrégulier, d’autres sont absents des classes durant les périodes scolaire, etc. Il leur suffit d’atteindre la fin du cursus, généralement par des voies illégales et d’être présent le jour de la passation de l’épreuve pour obtenir une chance de décrocher son bac.

Le jour J arrivé, la très entendue proclamation des résultats, on se retrouve surpris face à des révélations parfois paradoxales. Grâce ou à défaut de chance, les derniers peuvent être les premiers et inversement. En tout cas, ce n’est pas en faveur des audacieux candidats que ce système existe mais pour le ministère de l’Education, il constitue un avantage pratique en termes de rapidité du délai de délivrance des résultats comparé au système traditionnel.

Faiblesse ou avantage, tout dépend de quel côté l’on est. Le résultat obtenu aux examens ne justifie pas forcément le savoir. Mais la certitude est, qu’à moins de repenser ce dit système, des diplômés parfois illettrés, incapables de défendre leur « couronnement », sont intégrés dans une société en besoin de jeunes cerveaux bien façonnés. Ce que le gouvernement congolais semble négliger pourrait lui coûter un avenir prometteur, aux mains de cette jeunesse nouvellement diplômée.

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