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Quand exhiber la dot au public devient dangereux

Les chants pour célébrer son succès et pour en mettre plein la vue aux voisins sont choses courantes en RDC. C’est souvent le cas lorsqu’il s’agit de la remise de la dot pour un mariage. En swahili, on dit : « Aina wote wana pewa nehema ! » Traduisez : « Ce n’est pas tout le monde qui obtient cette grâce. » Sauf que cet exhibitionnisme désobligeant pour les « sans grâce » a parfois des conséquences fâcheuses.

Si recevoir une dot est certes un événement heureux, il faut savoir que dans une ville en proie à une crise socio-économique aiguë, sur fond de crise politique qui n’en finit pas en RDC, cela peut s’avérer une source de danger. Des voleurs et des bandits épient de plus en plus les familles qui reçoivent des dots à Lubumbashi.

Les habitudes sont telles que lors de la remise de dot, la famille qui reçoit fait un comptage billet après billet, au vu de tous. A la fin, tous les voisins savent le montant de la dot versée. Et vous pouvez vous attendre à des visites nocturnes indésirables comme explique Alexis, un voisin d’une famille victime d’un vol de dot : « Ils ont commis l’erreur de compter les deux mille cinq cents dollars qu’ils ont reçus. » Il poursuit : « La nuit, les voleurs ne se sont pas gênés pour tout emporter. Des biens en nature comme les deux chèvres… Ils ont récupéré même l’argent en espèce versé pour la dot. »

Les témoignages du genre sont loin de se tarir. Un autre jeune couple, aussitôt arrivé d’une salle de fête pour célébrer leur nuit de noce à la maison, témoigne avoir été visité par des voleurs qui ont tout pris, et même violé l’épouse.

Rêve de grandeur et risque accru de pauvreté

Certains Congolais pensent que compter la dot en public atteste la véracité de son versement. Mais derrière les comptages bruissant se cache parfois un danger aux conséquences irréparables dans des villes comme Lubumbashi, Mbujimayi ou Kinshasa. Il est vrai que de nombreuses femmes, en effet, passent de longues heures à prier pour trouver un mariage. Et quand elles en décrochent un, on comprend alors que certaines familles veuillent s’en glorifier. D’accord, mais voilà les conséquences !

Pourquoi ne pas remplir cette formalité de remise de dot entre représentants des deux familles dans l’intimité ? Le problème, j’ose croire, c’est le rêve de grandeur qui hante les Congolais. Même sans grandes ressources, beaucoup veulent de grandes fêtes. Et les méchants finissent par s’y mêler.

 


Vous pouvez lire aussi sur Habari : RDC : Les femmes peuvent-elles payer aussi la dot ?

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Les commentaires récents (3)

  1. Félicitations chers habari rdc, vous êtes professionnels et vos sujets m intéressent bcp, ça me servent de béquille

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