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La fin des bavures policières en RDC ?

Privés d’eau et d’électricité pendant trois jours, les « kasapards » (étudiants du campus de l’Université de Lubumbashi) sont descendus dans la rue pour manifester leur colère fin janvier dernier. L’un d’entre eux est tombé sous les balles des policiers. Grand émoi dans la ville. Heureusement, la nouvelle présidence de la République a réagi sans tarder. L’officier qui avait dirigé les opérations sur le campus a été déféré devant la justice, puis condamné. Une première dans l’histoire récente de la RDC.

Vers la fin des bavures policières en RDC ? Peut-être, on l’espère en tout cas. Mais à une condition que nos  chères autorités commencent d’abord par assurer l’ordre public sans recours aux armes et munitions létales.

Les armes létales, pour l’ordre ou le désordre public ?

Il n’y a que dans un État gendarme où l’on peut mettre à la disposition des policiers, en temps de paix, des armes et des munitions de guerre. Les cartouches blanches suffisent. Inutile donc d’exposer des policiers à qui on donne les outils de la mort, et des civiles inoffensifs qui meurent souvent en revendiquant leurs droits. Je pense d’ailleurs qu’ils devraient être aussi poursuivis et punis ceux qui arment des policiers dans un contexte de manifestations ordinaires.

Les policiers armés qui vont contrer une manifestation de civils non armés peuvent-ils évoquer la légitime défense, surtout quand ces civils ne sont que des étudiants ? Les casques et les boucliers ne suffisent-ils plus pour protéger les policiers contre les jets de pierres ? Si, dans un combat loyal à armes égales, les policiers ripostaient aux jets de pierres par des jets de pierres, ne seraient-ils pas de toute façon plus favorisés que des civils sans boucliers ni casques ?

La RDC, ce n’est pas la cour du roi Pétaud !

En dehors de ces répressions, que nous pourrions qualifier d’officielles, il y a des exactions que nous pourrions également qualifier d’officieuses. Elles ont lieu presque chaque nuit à travers nos villes. A Lubumbashi principalement. D’où tirent-ils leurs armes et leurs munitions ? J’ai du mal à croire qu’un pauvre type qui a une arme chez lui, sans licence par exemple, se fasse ramasser et emprisonner alors que des tueurs passent inaperçus.

La RDC a longtemps, trop longtemps, ressemblé à la cour du roi Pétaud. Puisse le changement de régime tant attendu nous apporter un véritable changement de gouvernance et nous sortir de cette « pétaudière » !

 

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