article comment count is: 0

Sanctionner les policiers qui dérapent, une action à perpétuer

Nous avons tous déjà eu à faire face aux comportements irresponsables de nos agents dits de l’ordre. Rançonnement, extorsion ou corruption, les mauvais agissements au sein de la police congolaise sont légion. Le fait que les autorités de la police de Kinshasa aient radié récemment de mauvais policiers est un acte louable et qui devrait continuer pour redorer l’image de notre police.

Kinshasa, le 30 mars 2018. Plusieurs unités de policiers sont réunies au siège du commissariat provincial de la police de Kinshasa. D’habitude, dans pareille situation, ce sont des brigands et des Kuluna qui sont présentés publiquement avant d’être remis à la justice. Cette fois, c’est un autre dossier. Les policiers assistent, inquiets et tristes, à la radiation de leurs collègues. Assis par terre, bras croisés tels des prisonniers, six policiers dont une femme, sont présentés publiquement devant les leurs comme étant des criminels, et ils sont renvoyés définitivement de la police congolaise. On les accuse de « tracasserie et extorsion » de biens de la population. L’un après l’autre, ils sont dépouillés de leur tenue et insignes. Un acte rarissime en RDC et qui mérite nos félicitations !  

Six agents de la police de circulation routière ont été radiés pour extorsion. Cela a eu lieu aujourd'hui au siège du…

Geplaatst door Habari RDC op Vrijdag 30 maart 2018

A mon avis, si pareilles sanctions étaient prises régulièrement, les policiers deviendraient un peu plus responsables et respectueux de la population. Ce travail de mettre la main sur des fauteurs de troubles parmi les hommes en uniforme revient à l’unité de police des polices ou à la police militaire.

Quand les policiers de roulage et les chauffeurs se disputent les volants !

Pas plus tard qu’il y a une semaine, à l’arrêt de bus de l’UPN dans la commune de Ngaliema, un lieu très fréquenté à Kinshasa, j’ai assisté à une scène désolante mettant aux prises des policiers de roulage avec un chauffeur de taxi. Ayant mal garé son véhicule, le chauffeur s’est vu interpellé par des policiers d’une manière violente qui a même énervé les passants. Un des policiers lui a ravi le volant à coup de bâtons, deux autres sont entrés par l’arrière du véhicule après avoir chassé les clients qui étaient à bord. Un autre cherche à lui ravir la clef de contact qu’il n’est pas prêt à lâcher. Têtu, ce chauffeur reste collé à son volant alors que le véhicule est en marche ! Ils engagent alors une longue lutte contre ce chauffeur en troublant dangereusement l’ordre public – eux qui sont censés le garantir.

Louvoyant de gauche à droite, sous les cris de peur de la population qui assistait à la scène, le véhicule fini par s’arrêter. Les policiers ont finalement maîtrisé le chauffeur, qui n’avait plus que sa voix pour crier « na Sali eloko te, na Sali elokote… naza na mikanda na ngayi… », « Qu’ai-je fait de mal ? J’ai tous mes documents de bord en ordre ! ». Ceci n’est que le début de sa descente aux enfers. Son sort final sera décidé au commissariat…

Ce genre de scènes ne sont plus des cas isolés dans les grandes artères de Kinshasa et doivent être sanctionnés. L’inspection provinciale de la police devrait penser également à un numéro vert que la population pourrait appeler pour dénoncer les mauvais policiers. Par contre, il existe un numéro pour les urgences, les renseignements et les interventions rapides. Ce numéro fonctionne 24h/24. La police dispose aussi des pages Facebook et Twitter. Vous pouvez les contacter par ces canaux pour leurs donner votre avis et dénoncer ce qui ne marche pas dans la police. N’est-ce pas cela la participation citoyenne responsable ?

A quoi servent les formations auxquelles assistent nos agents de l’ordre avant leur intégration dans la police ? Est-ce juste pour savoir manipuler leurs armes ? Ignorent-ils que nous sommes ceux qu’ils doivent protéger ? En tout cas, il y a encore du chemin à faire avant de voir le nom du Congo être retiré de la liste des pays ayant les pires polices au monde.

 


Vous pouvez lire aussi : Police congolaise : vice-championne du monde de la répression

Partagez-nous votre opinion

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure utilisation sur ce site web.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Si vous souhaitez en savoir plus sur les cookies que nous utilisons, veuillez lire notre politique relative aux cookies.