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Police congolaise : vice-championne du monde de la répression

Le rapport 2016 du World internal security & police index (WISPI) classe la police congolaise parmi celles qui ont le moins de légitimité, ou le moins de confiance auprès de leur population. Elle réunit un des scores les plus faibles : 0,272. Probablement parce qu’elle se trouve le plus souvent impliquée dans la répression politique.

Les officiers de la police ont conscience du faible niveau de confiance que les populations leur porte. Une récente tentative de réforme censée déboucher sur une police de proximité a quasiment échoué. Il faut voir à quel point, par exemple, des manifestants n’hésitent pas à s’en prendre à la police et vice-versa. Souvent, on compte des morts. « Tout attroupement de plus de cinq personnes sera dispersé sans pitié », avait déclaré le commandant de la police de Kinshasa, le général Sylvano Kasongo. C’était la veille d’une journée de marches pacifiques prévue le 15 novembre dernier par l’opposition et les mouvements citoyens.

L’autre explication, c’est la taille même de cette police congolaise. Le rapport note que les militaires sont plus nombreux que les policiers. Il note 100 policiers pour 100 000 habitants. Bien en deçà de la moyenne de l’Afrique subsaharienne : 268, et plus encore en bas de la moyenne fixée par l’étude du rapport. Une situation tout à fait inverse pour les forces armées : la RDC compte 193 militaires pour 100 000 habitants contre 115 en Afrique subsaharienne et  les 126 médians, fixés par l’étude.

J’en déduis donc que le nombre de policiers est insuffisant et qu’ils sont mal formés généralement pour le maintien de l’ordre. En situation de troubles ou de risques de troubles, comme le processus d’alternance compliqué en cours depuis l’expiration du dernier mandat du président Kabila, il arrive que des militaires soient mobilisés pour assurer l’ordre. Dans la plupart des cas, les missions de maintien de l’ordre vire en répression. Malheureusement, cela s’appelle avant tout « répression policière », alors que les militaires y contribuent. Pas non plus surprenant, quand on sait qu’en RDC police et armée (infanterie) se confondent. Le nouveau chef de la police, le général Amuli Bahigwa par exemple, a été recruté dans l’armée où il était chef d’Etat-major adjoint chargé des opérations et des renseignements.

 


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