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[Revue de presse] Yalala célébrée, la police couverte de « honte » ?

La honte ! Le mot chargé de colère et d’attaque contre la police congolaise circule encore sur la toile congolaise et dans la presse. C’est l’histoire de Yalala, très jeune fille engagée dans la lutte anti-Kabila en RDC. Le 15 novembre, elle a été interpellée, menottes aux mains repliées sur son dos à Idjwi, une île du Sud-Kivu un peu « rebelle », dans l’est du pays meurtri par les violences.

La « parfaite inconnue » que présente Actualite.cd, 24 heures plus tôt, est désormais « une véritable attraction sur les réseaux sociaux en RDC. » Elle a 15 ans, explique le média, et élève en troisième année secondaire. Durant la manifestation exigeant le départ du président Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat a expiré, « elle savait ce qui se passait. Elle était informée. Elle qui vit au rythme des revendications depuis près d’une année. Elle dont le père, Claude Yalala, milite activement au sein de la Lucha, voilà une année ».

Yalala accusée de violenter les policiers

Les raisons de l’arrestation de la jeune fille sont connues, mais seulement après un premier démenti de la police. « Cette écolière a ‘’violenté les forces de l’ordre’’ », titre le média français 20 minutes. Il note, par ailleurs, que cette arrestation a provoqué la colère des opposants. Cette affaire n’a été, au final, qu’une « interpellation administrative », indique la police dans un communiqué de presse, relate Cas-Info. Bien plus, le média belge La Libre.be constate qu’elle « crée l’émoi », sur la toile. « Voici le pays dans lequel nous vivons en 2017 », déplore le député Martin Fayulu, responsable de la mobilisation au sein du Rassemblement de l’opposition.

La Libre.be reprend aussi ce tweet du mouvement citoyen Lucha cité par une dépêche de l’Agence France presse : « A mon âge, les autres enfants mangent à leur faim, vont dans de bonnes écoles, jouent entre eux… Moi j’apprends aux adultes leur devoir. »

Photo de la honte, police aussi ?

Jeune Afrique titre sur une fille arrêtée lors d’une manifestation qui « devient l’icône des anti-Kabila ». Il note aussi un « rétropédalage » de la police qui d’abord avait nié la présence de mineurs parmi les personnes arrêtées. Et d’ajouter que les autorités avaient prévenu que « tout attroupement de plus de cinq personnes serait dispersé sans pitié » la veille de la marche au cours de laquelle la jeune Yalala a été arrêtée.

Le constat fait par le quotidien kinois, Le Potentiel, conclut à « une police à deux vitesse ». Le média explique : « La PNC (police nationale congolaise) est encore loin de se départir de ses vieux démons. Et lorsqu’il s’agit d’assurer l’ordre public, comme ce fût le cas dans la journée du 15 novembre 2017, elle traite ses cibles selon qu’elles appartiennent à l’opposition ou à la MP. Aux uns, elle applique la rigueur de la loi, aux autres, elle garantit l’encadrement. »

Quelques réactions d’internautes

Concluons cette revue de presse avec quelques réactions recueillies sur Twitter.

Le juriste Firmin Yangambi, de sa cellule de prison à Makala à Kinshasa, envoie ce tweet qui rapproche l’arrestation de Yalala à cette photo devenue virale, témoin des massacres de Soweto, en Afrique du Sud.

Florent Anzuluni, un des leaders du mouvement citoyen Filimbi constate, à travers cette histoire, la faillite de la patrie.

Milly Mumba ne peut s’empêcher de penser à la protection que les parents Kabila offrent à leur fille aînée, juxtaposée à l’image de Yalala menottée. 

Pour Jean-Pierre Kambila, un des conseillers du président Joseph Kabila, l’opposition a piégé la police en envoyant dans la rue des enfants. 

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