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20 ans de la police de la RDC, quel bilan ?

La police nationale congolaise a aujourd’hui 20 ans d’existence, depuis sa création en 1997. Avant 1997, la sécurité publique était assurée par la gendarmerie et la garde civile.  Quel bilan dresser de ces 20 ans de notre police ? La vérité est qu’elle n’est pas encore une police républicaine.

Nous vous proposons ici un débat que le blogueur Jean-Chrysostome Tshibanda a eu au sujet de la police avec quelques habitants de Lubumbashi.  

Un bilan négatif ?

Pour Jonathan, le bilan de notre police est largement négatif. Il estime que nous avons « une police inféodée au pouvoir en place. Une police qui n’est ni nationale, ni républicaine ». Jonathan s’étonne par exemple que le général de la police John Numbi soit élevé à la dignité des héros nationaux, alors qu’il est le principal suspect dans l’assassinat du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya et de son chauffeur Fidèle Bazana.

Les bavures policières

Les bavures font partie du quotidien de notre police. En 20 ans, nos agents de l’ordre en ont commis des milliers. Représentez-vous le nombre de manifestations de l’opposition réprimées dans le sang par la police pendant 20 ans, sous prétexte de bavures ! Pourtant,   Roger semble minimiser ces dérapages. Pour lui, les bavures policières, on en entend parler partout dans le monde. Et Roger d’ironiser : « Les  bavures ce n’est pas qu’ici au Congo. Aux États-Unis, les policiers blancs tuent des Noirs chaque jour. Ils appellent cela bavures ! »

Difficile de ne pas réagir aux propos de Roger. Christophe lui répond  : « Bien sûr que des policiers blancs tuent des Noirs aux États-Unis, mais ils sont sanctionnés. Ce n’est pas le cas chez-nous au Congo. Explique-moi comment des policiers congolais noirs tuent fréquemment des Noirs congolais et restent impunis toute leur vie ? »

Le débat s’enflamme, mais Roger ne s’avoue pas vaincu. Il continue à  affirmer que ce n’est pas seulement au Congo que les droits de l’homme sont bafoués. Comme si, pour lui, on ne devrait pas condamner les violations des droits de l’homme dans notre pays, au motif que ces mêmes droits sont violés ailleurs.

Les civils, la « plantation » des soldats congolais

Henri donne un avis plus nuancé : « C’est facile de critiquer la police, mais il faut reconnaître que nos hommes de troupe travaillent dans des conditions difficiles. Comment assurer la sécurité dans un pays en donnant des armes à des hommes mal payés ? En lingala, ne dit-on pas que les civils sont les « bilanga » des militaires ? C’est-à-dire que les civils sont des plantations où policiers et militaires vont cueillir ce qu’ils veulent. »

Alphonse estime qu’il faut revoir la formation que l’on donne à nos policiers. « Nous avons des policiers en majorité mal formés et incapables de réfléchir sur les risques de leurs actions pour la nation », déclare  Alphonse. Et d’ajouter : « Le problème se situe au niveau du recrutement et de l’encadrement. Tous ceux que l’on appelle des ‘enfants ratés’ sont déversés dans la police. Voilà pourquoi notre police est un outil de tracasserie de toutes sortes. Les agents recrutés sont pour la plupart des ivrognes, des fumeurs de chanvre, des malfaiteurs. » Imaginez le résultat.

De bons flics, il en existe quand même en RDC

Roger refuse qu’on mette tous les policiers dans un même panier. Il se fait leur avocat. Pour lui, de bons policiers existent bel et bien au Congo. « Les quelques bavures commises par deux ou trois policiers indisciplinés ne devraient pas être généralisées à toute l’institution de la police nationale congolaise », soutient Roger.

Sur ce point, Roger semble avoir convaincu ses « adversaires » ; surtout lorsqu’il a donné l’exemple du jeune policier du nom de Chance Kitsa, tombé armes à la main à Goma, après avoir abattu quatre bandits qui tentaient de dévaliser une agence. Hélas, ce genre de bons exemples sont rares dans la police en RDC.

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