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Fondation Denise Tshisekedi : faut-il redouter un conflit d’intérêts ?

La première dame de la République démocratique du Congo, à travers sa fondation Dénise Nyakeru Tshisekedi, a octroyé des bourses d’étude à 114 finalistes du secondaire. Beaucoup se sont interrogés sur les identités des donateurs des fonds, et autres partenaires de la fondation. Pour moi, en termes de bon sens et même sur le plan du droit, le risque de conflit d’intérêt existe.

Et si les donateurs se servaient de la fondation de la première dame pour entrer dans les bonnes grâces du président de la République ? Cela est déjà arrivé dans d’autres pays. Si c’est le cas chez nous, alors la première dame profiterait de son statut pour attirer des donateurs et partenaires en faveur de sa fondation qui n’est qu’une structure privée.

En effet, le statut de l’épouse du président de la République ne fait l’objet d’aucune réglementation. Mais le rôle qu’elle joue aux côtés de son époux n’en est pas moins important. Elle est avec le président partout, elle peut l’influencer dans un sens ou dans un autre.

La fondation Dénise Nyakeru Tshisekedi

Un mois après l’arrivée de son époux à la cité de l’OUA à Kinshasa, madame Nyakeru Tshisekedi crée sa fondation. Celle-ci recourt à des bailleurs de fonds, des donateurs et des partenariats. Mais il faut bien se demander si ces donateurs ne vont pas espérer ainsi recevoir des avantages en retour.

Pour les bourses accordées aux finalistes, par exemple, c’est en partenariat avec Campus France, une structure du gouvernement français. En gros, cela veut dire qu’une fondation privée conclut un partenariat avec une structure gouvernementale française.

Et toute la classe politique congolaise, en commençant par le président de la République, se déplace pour la cérémonie. Il n’y est pas allé en tant qu’époux de madame Dénise Nyakeru. Le président avec ses ministres se seraient-ils déplacés si la fondation n’appartenait pas à la première dame ? Je doute fort.

Des antécédents…                                                                    

Et pour couronner le tout, cette cérémonie est présentée par la presse présidentielle comme l’œuvre de nouveaux locataires de la cité de l’OUA qui ambitionnent d’offrir aux Congolais une éducation et une formation de qualité. Il y a manifestement collusion, et le lien devient étroit entre deux entités censées être parfaitement distinctes. Le président a son ministre de l’éducation pour offrir aux Congolais de meilleures formations.

Dans un passé récent, l’ancienne première dame américaine Hillary Clinton s’est vue accusée d’avoir favorisé, à l’époque où elle était encore secrétaire d’État sous Obama, des personnalités et des entreprises qui étaient aussi des grands donateurs de la fondation qu’elle avait créée avec son mari Bill Clinton.

Entre 2009 et 2013, période où elle était secrétaire d’Etat, les dons en provenance des sociétés et des gouvernements étrangers en faveur de la fondation des Clinton avaient augmenté. Elle n’a pas été condamnée, mais ce mode de fonctionnement du point de vue moral et éthique pose problème.

La crainte est que le président fasse passer en premier la fondation de sa femme sur certains projets plutôt que de recourir au gouvernement. Et agir ainsi, c’est illégal et punissable par la loi.

 

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