Dans la cours d'une école de Goma, photo Habari RDC
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Gratuité de l’enseignement ou gratuité du virus Ebola dans les écoles ?

Dans la ville de Goma, rares sont les écoles qui font la lutte contre la maladie à virus Ebola. Raison avancée : manque de moyens à cause de la gratuité de l’enseignement. Les élèves, les enseignants et même leurs directeurs, n’observent pas la règle de lavage des mains. Je trouve cela risqué dans un contexte où l’épidémie d’Ebola continue de sévir au Nord-Kivu. La gratuité de l’école risque d’être la « gratuité d’Ebola ».

J’ai visité plusieurs écoles pour voir si les mesures d’hygiène anti-Ebola sont respectées. Quelle n’a pas été ma surprise ! La plupart n’ont pas de dispositif de lavage des mains. Elèves et enseignants viennent de la maison et passent directement dans les salles de classe sans s’être lavé les mains. Pas de prélèvements de température non plus. Ce laisser-aller est à mon avis très dangereux et peut faciliter la contamination.

La lutte contre Ebola c’est une affaire de tous. Vous, autorités scolaires, devez veiller sur les mesures d’hygiène. « Le problème que nous avons dans notre école, c’est le manque de moyens pour mettre en place le dispositif sanitaire. C’est un grand défi. Nous ne voulons enregistrer aucun cas confirmé d’Ebola dans notre école. Hélas on n’a pas les moyens de faire la prévention », me dit Jean-Pierre Viholo Lusambia responsable d’une école primaire gérée par l’Eglise Lumière.

Les écoles n’ont pas de moyens en raison de la gratuité de l’enseignement

Dans d’autres écoles, les enseignants obligent les parents à acheter des désinfectants pour leurs enfants en vue  d’éliminer les microbes. C’est parce que les écoles n’ont pas les moyens de se doter des lavabos et des thermos flashs pour le prélèvement de la température. « Nous attendons que l’État, qui a décrété la gratuité de l’enseignement, nous dote des kits d’hygiène. Nous n’avons pas d’argent pour nous prendre en charge. Ici tout est gratuit. Nous manquons même de savons liquides pour le lavage des mains, nous n’avons pas de pompes pour avoir l’eau, pas même de citerne  », explique le préfet Hubert Kahasha Badera.

À l’école primaire Biahi, dans le territoire de Nyiragongo, les mesures d’hygiène n’existent pas. Pendant la récré, les élèves jouent dans la cour, se serrent les mains, mangent ensemble, s’embrassent… D’autres sortent des toilettes sans se laver les mains.

Dans ces conditions, je crains que l’épidémie d’Ebola ne se répande davantage.

 

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