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Être immigré en Afrique du Sud, un parcours sans avenir

13 ans après que je suis revenu au Congo, j’ai eu l’occasion de retourner en Afrique du Sud. J’y vivais comme immigré entre 2005 et 2006. Mais j’ai fini par quitter la nation arc-en-ciel, car j’avais beaucoup de mal à porter l’identité d’immigré.

Aujourd’hui, de retour dans mon pays la RDC, j’ai pu acquérir quelques terres pour y cultiver. Je ne rêve plus d’aller m’installer ailleurs. Et chaque fois que je vois des jeunes courir vers l’étranger pour y chercher leur bonheur, je suis souvent stupéfait. À mon avis, malgré nos difficultés, il y a ici au Congo de quoi manger à satiété, et à des prix beaucoup plus accessibles à tous. Je regrette que certains de mes compatriotes préfèrent s’installer dans des pays où ils vivent souvent plus péniblement que dans leur pays d’origine.

La vie d’un immigré congolais à Cape Town 

À partir des expériences dont j’ai été moi-même témoin dans ce pays de Mandela, je peux affirmer qu’être immigré congolais en Afrique du Sud est un parcours sans perspectives, sans avenir. Car comment habiter dans un pays d’autrui pendant plus de dix ans, toujours locataire ? Presque pas de moyens d’acquérir ne serait-ce qu’un lopin de terre pour y bâtir ou cultiver ? Et on n’a pas toujours la même capacité de faire de petits métiers pour vivre. 

De plus, les humiliations auxquelles on fait face quand on doit, par exemple, renouveler son permis d’immigré, sont dures à supporter. Je me rappelle qu’à Cape Town, on se levait parfois à 4 heures du matin pour prendre le train de 5 heures et être parmi les premiers dans la file d’attente pour renouveler son permis.

Créer des histoires parfois irréelles pour rester immigré

Devenir immigré demande aussi de mentir, parfois. Car il faut prouver que l’on vient d’un milieu hostile. C’est ainsi qu’en 2005 en Afrique du Sud, j’avais dû inventer une fausse histoire. Aujourd’hui, beaucoup en inventent encore et encore. Et on sait à quel point cela dérange les immigrés congolais quand, par exemple, le président Félix Tshisekedi appelle ses compatriotes de partout à revenir au Congo. 

Mon ancien colocataire, par exemple, a pu se marier à Cape Town et continue à y travailler comme serveur dans un restaurant. « Je suis fier de ce que tu es devenu, me dit-il. Tu as pris un grand risque de rentrer au pays mais moi, je ne saurais pas affronter le regard des gens là-bas. J’espère te rejoindre un jour dans la mère patrie », confesse mon ami. Bien sûr, les histoires des immigrés sont différentes les unes des autres. Ils ne sont pas tous menteurs. Mais je pense sincèrement qu’on gagnerait à retourner dans son pays d’origine. 

 

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