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Kabila et Tshisekedi : réconciliation à la fourchette ?

L’information d’un repas partagé par Joseph Kabila et Félix Tshisekedi n’en finit pas de susciter toutes sortes de supputations. C’est que s’asseoir à la même table peut recouvrir bon nombre de symboliques…

Amer ou aigre ? Pimenté ou sucré-salé ? Copieux ou frugal ? On saura d’autant moins à quoi ressemblait le menu servi au président de la RDC et à son prédécesseur que peu de détails ont fuité de ce rendez-vous culinaire.

Renouer le dialogue autour d’un repas ?

Si l’on en croit les réseaux sociaux et quelques sites d’information, c’est pourtant bien un dîner, présumé tenu ce lundi, qui aurait permis aux deux hommes de reprendre langue, après des tensions palpables à l’intérieur de la coalition entre les plateformes qui se partagent le pouvoir comme un gâteau. Le repas aurait même pris des allures de serments, après des tractations entre, d’une part, les négociateurs du Cach de Tshisekedi et l’ancien président et, d’autre part, ceux du FCC de Kabila et l’actuel locataire du palais présidentiel.

Depuis la fin de la campagne électorale de la présidentielle, l’accord plus ou moins tacite entre les deux hommes ayant fait l’objet d’une certaine opacité –pour cause d’effet de surprise requis–, il faudra attendre que se déroulent les prochains événements pour mesurer l’amplitude de la nouvelle fraternisation et les effets sur la gestion du gouvernement Sylvestre Ilunga Ilunkamba. La symbolique est forte : c’est en partageant le pain que les convives deviennent des « co-pains ».

Éliminer son adversaire à l’occasion d’un dîner ?

L’histoire politique du monde instruit que les banquets constituent l’occasion privilégiée de se débarrasser définitivement de ses adversaires. A l’époque de l’empereur romain Néron, c’est son prédécesseur Claude qui aurait été empoisonné avec des champignons ou des poisons à base d’herbes. L’invitation présidentielle de « Fatshi » était-elle bien fraternelle ?…

Si les deux hommes aiment autant se dire chrétiens pratiquants qu’ils aiment voir le clergé se taire, peut-être ont-ils appliqué à ce présumé dîner de réconciliation la grille de lecture liturgique de la Cène. Même s’il ne comportait pas d’empoisonnement, le dernier repas du Christ était bien un festin d’adieux irréversibles teinté d’une trahison. Il reste à déterminer, au milieu des apôtres des deux camps, qui incarnait Jésus et qui représentait Judas. A moins que les deux convives d’un soir aient décidé de ne pas se trahir mais de régler leurs différends dans une sorte de concours de nourriture, filant la métaphore de la mangeoire politicienne.

Respecter la clé de répartition FCC-CACH même au repas ?

Si la guerre des victuailles avait succédé à celle des nerfs, chaque détail de la soirée permettrait de comprendre qui a pris le pouvoir à table. Par exemple, si l’on a respecté certaines traditions congolaises qui veulent que le plus « ancien » se voit réserver certains mets, a-t-on reconnu que Félix a 8 ans de plus que Joseph ? A l’inverse, a-t-on admis que le premier assis sur le trône suprême est le doyen politique ? Qui eut droit au premier coup de fourchette ? Qui but le dernier verre ? Et surtout qui déclama le « benedicite », la prière prévue à table ? Difficile d’avoir le dernier mot après celui qui prononce un définitif « ainsi soit-il »

 

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