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Le PPRD a-t-il choisi de disparaitre ?

Suite au mot d’ordre de son autorité morale Joseph Kabila, le Parti pour la reconstruction et la démocratie (PPRD) n’a pas participé au processus électoral de 2023. Mais était-ce vraiment une bonne stratégie ? Car, avec aucun élu pendant cinq ans, il sera difficile au PPRD de peser sur l’échiquier politique congolais. Ses cadres et ses membres resteront sur le banc de touche jusqu’en 2028. Le PPRD ne risque-t-il pas de disparaitre ?

En effet, le parti de Joseph Kabila a fait comme l’UDPS aux élections de 2006. Etienne Tshisekedi et ses partisans avaient boycotté les scrutins, jugeant le processus électoral non crédible. Mais la différence à l’époque, l’UDPS restait très active sur le terrain, et la popularité de l’opposant Étienne Tshisekedi était indiscutable. Le parti existait par des marches pacifiques et des villes mortes. Par contre, dans le cas du PPRD aujourd’hui, vous avez un parti de plus en plus inaudible, inefficace et incapable de mobiliser dans la rue.

Une politique de la chaise vide où le seul gagnant c’est Joseph Kabila

Les fidèles de Joseph Kabila semblent ne pas comprendre une chose : ce sont eux qui sont en train de s’effacer de la scène politique, pas Joseph Kabila. L’homme est et restera sénateur à vie ; il touche tranquillement ses émoluments et bénéficie des avantages dus à un ancien président. On parlera toujours de lui, en raison de son statut d’ancien chef de l’État. Bref, il ne perd rien, et il le sait !

En revanche, ses fidèles qui le suivent aveuglément risquent de se réveiller trop tard. Ils ont eux-mêmes laissé le terrain à l’adversaire, offrant un boulevard à l’Union sacrée et aux autres partis de l’opposition. La politique étant dynamique, beaucoup de choses changent et évoluent au fil du temps et des évènements. De nouvelles figures politiques apparaissent, s’imposent et occupent le terrain. De nouveaux leaderships voient le jour. Une nouvelle génération… Et on vous oublie.

Ainsi, le PPRD restera absent des institutions publiques encore cinq ans. S’ils ne font pas attention, les partisans de la chaise vide risquent de se retrouver également hors jeu en 2028. Certains auront enterré définitivement leur carrière politique. Ils le regretteront, mais ce sera peut-être trop tard. A eux de réfléchir sept fois avant de continuer à maintenir leur position de boycott. On ne laisse pas le terrain à l’adversaire et espérer s’en sortir…

 

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