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Liberté d’expression : les jeunes de Mbujimayi donnent leur avis

À travers l’activité Civicus campaign sur la liberté d’expression, Habari RDC Mbujimayi a donné la parole aux jeunes lors d’une journée portes ouvertes organisée le vendredi 22 septembre. La manifestation a eu lieu dans la salle Sainte Marie en Ville Miba sur le thème : « Promouvoir la liberté d’expression. » Le slogan était : « Briser le silence, vous avez une bouche pour parler. Celui qui choisit de se taire est suspect ! »

Une cinquantaine de jeunes et quelques adultes ont chacun eu le temps de se prononcer sur le concept de « liberté d’expression ». Le blogueur Placide Sido Nshimba, qui a dirigé la manifestation, a expliqué  que la liberté d’expression est un des droits fondamentaux de tout citoyen congolais. Un droit garanti aussi bien par les instruments juridiques nationaux qu’internationaux. Cependant, a-t-il fait remarquer, cette liberté d‘expression a des limites imposées par la loi. Et d’ajouter : « La liberté d’expression fait l’objet de restrictions inacceptables en RDC. Plusieurs fois, des compatriotes ont été arrêtés simplement pour avoir exprimé leurs opinions. Parfois nos prisons sont remplies de prisonniers d’opinion en lieu et place de criminels. »

Parmi les temps forts de cette sensibilisation sur la liberté d’expression figure la pièce de théâtre de l’artiste Samy de Bangloff. Il a émerveillé le public en interpellant les autorités, la population et les acteurs de la société civile. Selon lui, « si tu penses que tu as le droit de t’exprimer librement, reconnais aussi le même droit aux autres ». L’acteur intervenait dans un contexte où deux individus étaient en conflit ouvert, chacun accusant l’autre d’avoir tort. Un cas de figure qui illustre bien le comportement de la classe politique congolaise où chacun croit avoir raison et refuse à l’autre le droit de parler.

La liberté d’expression existe, mais…

Au cours des interventions des participants, beaucoup ont reconnu que la liberté d’expression existe au Kasaï-Oriental et en RDC. La preuve, les Congolais disent ce qu’ils pensent à la radio, à la télévision, dans les conférences, etc. Cependant, c’est une liberté d’expression surveillée. Elle n’est pas exercée à 100%. Des intimidations, des interpellations et des arrestations ordonnées sont menées par les autorités qui, souvent, digèrent mal les critiques. Cette intolérance des pouvoirs publics a été vivement dénoncée par les participants.

La population également fait un mauvais usage de sa liberté d’expression. Certains versent dans la diffamation, les imputations dommageables, la discrimination, l’appel à la haine tribale… Pour remédier à cette situation, une sensibilisation accrue  de la population et des pouvoirs publics s’avère nécessaire. Il faut vulgariser les lois qui régissent la « liberté d’expression ». Cette sensibilisation ne devrait pas se limiter uniquement aux villes, mais elle devrait aller jusque dans les milieux ruraux.

Les réactions des participants

Au sortir de la salle, quelques participants ont livré leurs impressions sur la liberté d’expression.

Rachel Kamuanya (journaliste) : « Par rapport à la liberté d’expression dans notre pays, il y a encore beaucoup à faire. Le Congolais doit être libre de s’exprimer dans toutes les circonstances. Pour promouvoir cette liberté d’expression, nous devons nous débarrasser de la peur et du complexe d’infériorité. »

Vicky Nyamuangala (étudiante) : « Nous félicitons Habari RDC pour cette initiative. La liberté d’expression est réelle mais les forces de l’ordre ne la respectent pas. »

Flavie Ngoya (journaliste) : « Nous demandons à ce que ceux qui critiquent les autorités ne soient pas poursuivis ni arrêtés comme c’est souvent le cas dans notre pays. »

Maître John Mbombo (avocat) : « Certains pensent qu’ils ont la liberté d’expression pour insulter les gens et dire n’importe quoi. L’article 23 de la Constitution alinéa 2 exige qu’on tienne compte des bonnes mœurs et de la loi. Les participants ont compris qu’ils peuvent s’exprimer par les gestes ou par les images, mais sans violer les lois du pays, sans troubler l’ordre public ni porter atteinte à l’honneur des autres. Je suis très satisfait du niveau de compréhension des participants. »

Pascal Gauthier Lukusa (jeune militant d’un parti politique) : « À mon avis, par rapport aux années passées, la liberté d’expression s’installe petit à petit. C’est encore un processus et un idéal à atteindre ; la population comme les autorités ont encore des efforts à fournir. »

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Les commentaires récents (1)

  1. Oh! mon pays!! mn pays va tellement mal avec le non respect de la liberté d’expression. merci HABARI RDC pour le courage d ns informer

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