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Ces locaux indignes qui servent de bureaux à notre police

Détenu durant quatre heures dans un bureau de police à Kinshasa, notre blogueur Ariel Mubiala considère que son arrestation a été arbitraire, mais il n’en tient pas rigueur à ses geôliers. Bien au contraire, il s’indigne contre leurs conditions de travail, qu’il juge indignes d’une police moderne et respectueuse des droits de l’homme.

Vu de l’extérieur, les locaux de notre police sont pouilleux, et à l’intérieur, la situation est pire. C’est ce que j’ai constaté, non sans un pincement au cœur, lors de quatre heures de détention arbitraire dont j’ai été victime dans un poste de police.

Dans ce bureau de police, je n’ai vu que deux chaises en plastique, un siège de véhicule monté sur des pieds en bois, un banc  pour les détenus, et une table pour les quelques huit policiers affectés à ce poste. Les OPJ (officiers de police judiciaire) sont obligés quant à eux de s’asseoir à tour de rôle sur le siège aux pieds en bois pour auditionner et prendre des dépositions. Il est même arrivé qu’une audition s’arrête par manque de papiers duplicateurs. Il n’y a pas d’ordinateur ici, ni d’imprimante, encore moins de photocopieuse. Pas même une simple machine à écrire manuelle.

Détenus dans leurs propres locaux

Les policiers, y sont eux-mêmes comme des détenus, en ce sens qu’ils vivent tous la même précarité. Ce bureau pitoyable n’a même pas de robinet d’eau courante. D’ailleurs, l’électricité dans ce commissariat provient d’un raccordement frauduleux. Imaginez des fils électriques installés dangereusement pêle-mêle, présentant un risque élevé de court-circuit.

Également les policiers n’ont pas d’armoire pour ranger leurs affaires. Ce qui les oblige à les accrocher n’importe où, et en désordre. Ils ne disposent pas non plus de vestiaire pour se changer, moins encore de latrines. Je me suis demandé comment ils font pour satisfaire leurs besoins naturels ! Sûrement dans les parcelles voisines… Et la nuit alors ? « Ce sont eux qui défèquent dans nos caniveaux et pissent dans nos rues », m’explique Dieudo, un autre détenu gardé à vue sur place.

Si pendant un temps l’on a connu des conteneurs comme lieux abritant les bureaux de police de proximité, aujourd’hui la situation a changé, en pire. On retrouve désormais ces bureaux – grossièrement peints aux couleurs du drapeau de la République – dans des carrosseries de véhicules abandonnés, dans des conteneurs frigorifiques ou des locaux pauvrement construits à l’aide de vieux morceaux de tôles ou de planches ramassées çà et là.

L’indifférence des autorités

La réalité que j’ai personnellement vécue dans ce commissariat est la même dans plus d’un bureau de police à travers la ville de Kinshasa. Je crains qu’elle ne soit pire à l’intérieur du pays. Cela fait 21 ans que la police congolaise a été créée. Elle a remplacé la gendarmerie et la garde civile, avec la mission de sécuriser les personnes et les biens. Et les conditions de travail des agents sont absolument indignes d’une police moderne.

Ce qui m’étonne le plus c’est l’indifférence des autorités face à cette réalité vécue par le policier congolais, qui, du reste, n’est utile que  comme outil de répression. Que pourrais-je faire de mieux que de prêter ma voix à ces hommes et femmes sous les drapeaux pour que cette situation change. Ces policiers méritent d’être traités dignement, si l’on veut attendre d’eux un travail de qualité.

 


Vous pouvez lire aussi : Sanctionner les policiers qui dérapent, une action à perpétuer

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Tout ses conditions démontrent l état d’un payssous développé.
    Même a l époque coloniale l on avait de l’estime pour le travail de la police.
    Notre pays a totalisé 58ans d’indépendance mais son état est de plus en plus dégradant .
    Est ce les moyens qui manquent pour aménager ces lieux de service ? ?
    Non sûrement pas .
    Tout ceci est la mauvaise volonté de dirigeants.
    La Rdc va au plus mal😔😔😔😔😔

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