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Tshopo : Madeleine Nikomba confirmée gouverneure malgré les discours misogynes dont elle était victime

Le Conseil d’Etat vient de confirmer Madeleine Nikomba comme gouverneure de la province de la Tshopo. C’était à l’issue d’un long contentieux électoral à rebondissements.

Il aura duré quasiment deux mois, ce conflit électoral dans la province de la Tshopo. Les protagonistes se sont battus bec et ongles pour succéder au gouverneur sortant Walle Lufungula. Pour certains, tous les coups étaient permis pour fragiliser l’adversaire.

Personnellement, je  ne partage pas cette façon de se battre. J’estime qu’une compétition électorale doit se faire dans le respect des règles. En RDC, les élections de gouverneur de province sont encadrées par la Constitution et la loi électorale. Ainsi, dans un système démocratique, les challengers ne doivent recourir qu’aux moyens légaux qui préservent la paix, la stabilité et la cohésion sociale.

Or, il n’en a pas été ainsi lors de cette élection de gouverneur de la Tshopo qui s’est terminée par un arrêt du Conseil d’Etat.

Une compétition électorale sur fond de misogynie

A l’issue du premier tour de l’élection du gouverneur, deux candidats sont restés en lice. Un homme et une femme. Le second tour n’a pas réussi à les départager. Ils ont obtenu 14 voix chacun. Puis s’est ouverte une saga judiciaire partie de la Cour d’appel de Kisangani jusqu’au Conseil d’Etat à Kinshasa.

Pendant ce temps, les différents fans des deux camps s’affrontaient par des déclarations et des manifestations. Ce qui m’a le plus intrigué, c’est le recours non seulement à un discours misogyne, mais surtout l’atteinte à la dignité de la femme.

Des jeunes gens ont marché dans les rues de Kisangani avec un chien sur lequel ils avaient écrit le nom de Madeleine Nikomba. La traitant donc de chienne et par ce fait, elle était considérée comme incapable de gouverner la Tshopo parce qu’elle est une femme.  Ce qui est abominable.

Le Conseil d’Etat a donc tranché en sa faveur. Cette dame, vilipendée à cause de son sexe, est désormais le tout premier gouverneur femme de l’histoire de la Tshopo. Elle a, par ce fait, l’occasion de prouver à ces misogynes que le sexe n’est pas une garantie de compétence.

Une compétition politique tribalisée

Il est de notoriété publique que la ville de Kisangani est l’une des plus cosmopolites de la RDC. De par son histoire, elle constitue un creuset du nationalisme congolais. C’est pour cela qu’elle a été le bastion des partis unitaristes, à l’instar du MNC de Lumumba.

Malheureusement, certaines personnalités politiques (dont je tais les noms par élégance) ont instrumentalisé les origines tribales pour tenter de disqualifier Madeleine Nikomba. Sans être son partisan, j’estime que cette stratégie est ignoble, séparatiste et obsolète. Elle n’a pas marché. Tout Congolais est libre de postuler dans n’importe quelle entité de son choix.

Là encore, heureusement, le verdict du Conseil d’Etat vient de freiner cette manipulation tribale qui risquait de nuire à la cohésion sociale à Kisangani.

 

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