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Mbujimayi : les partisans du gouverneur Maweja terrorisent

Depuis la création du collectif Sauvons le Kasaï-Oriental exigeant la démission du gouverneur Jean Maweja, les actes d’intolérance et de terreur imputés aux partisans du gouverneur se multiplient. De quoi se poser la question sur la sincérité du discours de l’Etat de droit que véhicule l’UDPS au pouvoir.

Aujourd’hui, une sorte de milice constituée de jeunes soutenant celui que l’on surnomme Vieux Maô intimident les activistes et les journalistes. Parmi les victimes figure Léon Kabengele du collectif Sauvons le Kasaï-Oriental. Il a été agressé au sortir d’une émission à la Radio Sentinelle. Rappelons que la Lucha, le collectif Sauvons le Kasaï-Oriental et biens d’autres mouvements des jeunes, reprochent à l’autorité provinciale « un manque de leadership et de programme d’actions pour le développement de la province du Kasaï-Oriental. » Ils exigent son départ.

De leur côté, les partisans de Jean Maweja s’en prennent à tous ceux qui critiquent ses actions, même aux journalistes. La preuve : Serge Kayeya et Jean-Baptiste Kabeya, deux journalistes de la radio FDM, ont également été agressés la semaine dernière et ils vivent en clandestinité. Ils disent avoir perdu leurs téléphones et leurs matériels. Un autre journaliste était en détention à l’État major de la police depuis le weekend. Il s’agit de Faustin Mbiya, directeur des programmes de la radio FDM. Selon les témoignages des responsables des corporations des médias locaux qui ont été reçus à l’État major de la police lundi 11 mai 2020, « le plaignant contre le journaliste Faustin Mbiya c’est le gouvernorat du Kasaï-Oriental ».

« Outrage à autorité et non respect des gestes barrières ! »

Comme on le voit, la liberté d’expression et de presse devient un danger à Mbujimayi. Pour les officiers de la police rencontrés, le journaliste détenu est poursuivi pour « outrage à autorité ». Les deux autres journalistes en clandestinité sont accusés de « non respect des gestes barrières » contre le Covid-19. Curieux ! Voilà qui prouve à suffisance que l’État de droit est loin  d’être une réalité au Kasaï-Oriental. Aux dernières nouvelles, Faustin Mbiya a été conduit au parquet de Mbujimayi.

Un membre du collectif Sauvons le Kasaï-Oriental s’exprimant au téléphone déclare : « Il y a des menaces téléphoniques de la part des gens non identifiés. Un de nos membres, Léon Kabengele, a été attaqué lors d’une émission à la Radio Sentinelle. […] On est en train de nous rechercher. […] Nous irons jusqu’au bout. […] Il faut que le gouverneur parte. »

À ce stade de la situation, il est plus qu’urgent que le gouvernement central puisse jeter un coup d’œil sur ce qui se passe au Kasaï-Oriental. La terreur est en train de gagner du terrain.

 

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