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Non, la RDC n’est pas encore prête pour la double nationalité

« Double nationalité en RDC, sommes-nous prêts ? » Comme moi, vous avez peut-être lu cet article du blogueur Danjes Luyila sur Habari RDC. Le blogueur dans ses conclusions a donné un avis favorable à cette question. C’est son opinion, je la respecte. Mais j’estime qu’avant de penser à instaurer la double nationalité en RDC, il faut des préalables qui doivent servir de garde-fous pour prévenir les dangers qui s’y rapportent.

Je connais la fierté qu’a le Congolais de sa « congolité », à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières nationales. Je pense que ce qui peut l’amener à envier une nationalité étrangère, c’est le niveau des conditions socio-économiques ou encore le besoin de sa sécurité juridique, notamment la garantie effective des droits civils et politiques. Je pense que les Congolais ayant acquis la nationalité étrangère ne l’ont pas fait de gaieté de cœur. C’est pour des raisons de sécurité existentielle. Si cette sécurité était dignement assurée au Congo, la fuite des cerveaux, la diaspora congolaise, ainsi que la tendance à chercher une nationalité étrangère n’auraient pas pris d’aussi grandes proportions.

Il faut une identification des Congolais

Depuis le Zaïre de Mobutu, la question de savoir qui est Congolais et qui ne l’est pas, se pose. Plusieurs guerres nées dans l’Est depuis un quart de siècle, c’est  pour cette raison.  La règle de l’unicité et l’exclusivité de la nationalité congolaise est, à son origine, destinée à pacifier les relations entre les habitants, surtout ceux de l’est de la RDC qui comprennent des Burundais et des Rwandais. Les populations étrangères qui ont immigré au Congo-belge lors de la
colonisation ne sont pas toujours considérées comme nationales par les populations
autochtones. Pourtant,  l’alinéa 3 de l’article 10 de la Constitution dispose qu’ « est Congolais d’origine, toute personne appartenant aux groupes ethniques dont les personnes et le territoire constituaient ce qui est devenu le Congo (présentement la République Démocratique du Congo) à l’indépendance  ».

Dans l’est du pays par exemple, où les frontières sont poreuses, comment distinguer ceux-là qui se retrouvaient sur le sol de ce qui est devenu la RDC avant 1960 et ceux qui sont venus après – dont la vague de 1994 – encore que la preuve de la nationalité en RDC se prouve par des documents faciles à obtenir ?

Depuis les années 80, aucun recensement n’a été fait. Personne ne peut dire aujourd’hui combien il y a de Congolais en RDC.

Limiter l’accès des bi ou plurinationaux à certains postes sensibles

Pour éviter tout conflit d’intérêts ou de loyauté, le binational sera privé de l’exercice de certains droits politiques. Par exemple, le binational ne pourra pas être éligible à la présidence de la République, ni à celle d’une chambre du Parlement. Pareil pour le poste de gouverneur de province, il ne pourra pas non plus être nommé Premier ministre, ni ministre de l’Intérieur, ni ministre des Affaires étrangères, ni à la tête d’une entreprise publique, encore moins occuper de hautes fonctions dans l’armée et la police. Ainsi, le Congolais qui voudra acquérir une nationalité étrangère, le fera en âme et conscience, à ses risques et périls.

Puisqu’on peut acquérir une nationalité étrangère sans forcément vouloir renoncer à celle congolaise, je pense qu’avant de penser à nous ouvrir aux autres, nous devons d’abord nous organiser en interne.  Notamment par la garantie du minimum de bien-être intégral assuré par le développement économique, la sécurité sociale et juridique, la garantie effective des droits civils et politiques, et l’identification des Congolais.

 

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Les commentaires récents (6)

  1. Apres lecture avec attention je pense que il serait raisonable à la personne intéressé par le binational s’y engage tenant compte du consequences parceque le congolais ne pas encore prêt mais il ya d’opportunité qui s’y ouvre,pour moi c’est une question de choix !

  2. Merci à vous. Cette question est très sensible. Je pense qu’on doit seulement accorder la nationalité aux congolais qui avaient déjà une autre nationalité et pas appeler tout le monde à obtenir la notre.