Un accouchement dans une maternité en RDC. crédit photo : CICR
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Observer les consultations prénatales sauve des vies

Malgré toutes les avancées en matière de prévention de la mortalité néonatale ou maternelle, il y a encore beaucoup de femmes qui meurent en donnant la vie en République démocratique du Congo. C’est aussi le cas des bébés à la naissance. Pourtant, observer les consultations prénatales pourrait éviter ou réduire ces risques. Malheureusement, la vraie importance des CPN est différemment comprise par les femmes en RDC.

Pour certaines femmes, la consultation prénatale est un luxe, tandis que pour d’autres, cela n’a aucune importance. Pire, certaines ignorent même ce que c’est.

Tous les médecins vous le diront : la grossesse est imprévisible. D’où l’importance d’un suivi permanent afin d’identifier d’éventuels risques. Des femmes perdent leurs enfants et voient leurs vies mises en danger pour ne pas avoir été suivies par des spécialistes pendant leurs grossesses. C’est le cas de Mwamini, une femme qui a perdu son bébé. Elle témoigne : « Mon enfant subissait un traumatisme permanent pendant le travail qui avait commencé à la maison. A l’hôpital, une césarienne d’urgence a été effectuée, mais l’enfant n’a pas survécu. »

Mwamini ne savait pas quelle était sa date approximative de délivrance, ni comment se présentait son enfant. Des choses qu’elle aurait pu apprendre pendant les CPN. Aujourd’hui, elle le regrette.

Les médecins sont formels, les CPN doivent être observées

Pour le docteur Kayumba, médecin gynécologue à l’hôpital provinciale du Nord-Kivu, « les cas de césariennes sont très récurrentes  ces derniers temps   dans nos hôpitaux car les femmes ne suivent pas les CPN ».

Pour le médecin directeur de l’hôpital Charité maternelle de Goma, « le nombre de décès des nouveaux nés reste élevé au Nord-Kivu. La situation est aggravée, entre autres, par la résistance des certaines femmes à aller aux séances de consultations prénatales. Cela empêche que les femmes enceintes reçoivent l’accompagnement qu’il faut ».

Quand la pauvreté et l’ignorance tuent

Les complications cliniques qui mènent à la mort, selon le docteur Kayumba, sont les accouchements avant le terme, l’asphyxie pendant le travail et les infections. Les médecins se trouvent devant un fait accompli car plusieurs femmes ne viennent à l’hôpital qu’à la dernière minute. Elles ne consultent pas avant le terme pour éviter des dépenses d’argent. Et quand arrive l’heure de l’accouchement, les petits centres de santé sont privilégiés puisqu’on y paie moins cher, au lieu d’aller dans les hôpitaux. Ce n’est qu’au dernier stade des complications que les femmes sont transférées aux hôpitaux et malheureusement trop tard. Pourtant, depuis plusieurs années, certains hôpitaux de renom offrent gratuitement des services de CPN et même de CPS (consultations préscolaires, NDLR) comme Heal Africa à Goma.

Nous avons consulté le chef de division de la santé au Nord-Kivu. Il a assuré qu’un programme est mis en place pour intensifier la sensibilisation sur les consultations prénatales. Aucune femme de devrait mourir en donnant la vie.

 

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