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Pénuries d’eau à Kinshasa : l’or bleu se fait rare dans plusieurs quartiers

Kinshasa est une ville de plus de 10 millions d’habitants où il fait très chaud. Pas moyen d’y vivre sans eau. Pourtant, la ville fait régulièrement face à de grosses pénuries d’eau courante. C’est le cas ces derniers temps dans plusieurs quartiers.

On nous dit que la RDC possède la deuxième réserve mondiale d’eau douce après le Brésil et 52% des réserves africaines. Seulement voilà, entre les chiffres et la réalité que nous vivons sur place, il y a un énorme contraste. Je me rappelle que le 22 mars 2020, à l’occasion de la journée internationale de l’eau, le ministre des Ressources hydrauliques avait reconnu que « seuls 30% des Congolais ont accès facile à l’eau potable en RDC ». En d’autres termes, la majorité de la population est privée de la substance même qui donne la vie. Voilà pourquoi dans de rares endroits où coule l’eau potable en RDC, on assiste à des bagarres entre femmes à Kinshasa comme en milieu rural.

Les « délestages » d’eau

Moi-même j’habite Bandal, un quartier résidentiel non loin du centre des affaires de Kinshasa. Je pensais être exempté de difficultés d’eau, jusqu’à ce que j’ai appris le vocable délestage que les Kinois utilisent pour parler non seulement d’électricité mais aussi des coupures d’eau. Chaque jour, des populations sont obligées de s’arracher du sommeil pour aller à la rencontre de cette « femme de nuit adorable », (c’est-à-dire l’eau) qui vient après 0 heure et repart avant 4 ou 5 heures du matin.

Une autre solution est de parcourir des kilomètres à la recherche de l’or bleu. Et à Kinshasa, chaque ménage possède au moins un bidon de 25 litres pour ses provisions d’eau en cas de coupures.

Et la Covid-19 dans tout ça ?

Pendant ce temps, la Regideso, société d’Etat chargée de la distribution d’eau ne réagit pas, sauf pour annoncer un recouvrement forcé des factures de consommation. Pourtant, dans plusieurs quartiers de la capitale, les coupures sont la norme et la fourniture, l’exception.

Entre mars et avril 2020, l’eau courante a été offerte gratuitement et de manière régulière. C’est parce qu’en cette période-là, il y avait l’état d’urgence sanitaire et tout le monde craignait le coronavirus. Aujourd’hui, la Covid-19 est toujours-là. En dehors du port du masque, on ne peut prévenir cette maladie que par un bon lavage des mains. Mais comment le faire si l’eau est indisponible dans plusieurs quartiers ?

Le ministre des Ressources hydrauliques avait également reconnu que la carence en eau aggrave les conséquences de la Covid-19. Il avait ensuite annoncé avoir instruit la Regideso à améliorer rapidement la desserte. Malheureusement, huit mois après, la situation s’est détériorée au lieu de s’améliorer.

La facture, toujours au rendez-vous

Pendant ce temps, les factures d’eau continuent de pleuvoir sur la population. On nous fait payer forfaitairement un produit que nous n’avons pas consommé. C’est de l’escroquerie pure et simple.

Alors, posez-vous la question : si Kinshasa la capitale vit une telle pénurie d’eau en pleine crise de Covid-19, qu’en est-il des provinces ?

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Nous congolais et congolaise devons nous agir et développer d’autre mécanisme pour lutte contre ce fléau de l’incapaciter qui attaque particulierement notre pays . C’est horrible mes frères et soeurs