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Voici pourquoi Félix Tshisekedi ne devrait pas demander un second mandat

Je l’apprécie beaucoup, le président Félix Tshisekedi. J’aime ses intentions, sa simplicité, sa disposition à renforcer la démocratie et à respecter le peuple. Cependant, cela ne suffit pas pour demander un second mandat. Voici pourquoi.

Il faut, avant tout, noter que la présidence de Félix Tshisekedi est sur la voie d’une présidence normale. Pour ça, soyons d’accord qu’il y a des choses qui ont marqué une rupture avec les mandats précédents.

Une présidence qui m’a fait rêver d’un renouveau

Un président de la République qui recule quand on l’accule, quand le peuple refuse : la RDC ne l’avait pas encore connu, que je sache. Je ne voudrais cependant pas être trop affirmatif sur ce point, car je n’ai pas connu la présidence de Kasavubu, le seul que je n’ai jamais vu diriger. Puisque je suis né longtemps après son départ du pouvoir.

Mais Félix Tshisekedi, tout le monde l’a vu abandonner le RAM, écouter la clameur autour de la désignation d’ambassadeurs de la rumba, etc. Avec lui, la leçon est claire : un président de la République écoute sa population. Pour ça, je le laisse savourer et finir son mandat de cinq ans. Il faut aussi reconnaître qu’en matière des droits humains, le Congo se porte mieux aujourd’hui qu’il y a 20, 10, 5 ans.

Comme vous pouvez l’imaginer, des exemples du genre, il y en a sous ce président. Malheureusement, en même temps, je dois noter d’autres exemples qui plaident plutôt en faveur de son départ en 2023.

Par amour pour lui-même, il devrait partir

D’abord, par amour pour lui-même, Félix Tshisekedi devrait ne pas se représenter. Car il détruirait toute la lutte de rêve menée par son parti et par de nombreux militants qui y ont perdu la vie. Un tel sacrifice de soi ne mérite-t-il pas qu’un président l’honore comme il se doit ?

Or, plus les années passent, plus les scandales se multiplient sous le mandat de l’actuel président. Je ne m’attarderai pas sur les luttes intestines qui minent son propre camp, mais aussi sur ce qui s’apparente à une guerre contre tous ceux qui l’ont soutenu. Des trahisons, crie-t-on.

Félix Tshisekedi commet les mêmes erreurs que son prédécesseur Joseph Kabila. Tout se passe comme s’il était son véritable dauphin ! Pourtant, c’est un fils d’un opposant. Il ne sanctionne pas du tout le détournement et le vol. Quand il le fait, c’est pour offrir du spectacle aux Congolais avides de sensationnel.

Je prends juste un exemple : 300 millions de dollars américains ont été détournés au ministère de la Santé. Je n’ai pas vu un procès se tenir. De tels comportements existaient également sous le régime précédent.

Si une coalition anti Tshisekedi devait avoir lieu au prochain scrutin présidentiel, le résultat serait humiliant pour Fatshi. Il faudrait éviter ça.

Insécurité persistante

J’avais beaucoup aimé l’idée d’un état de siège pour venir à bout de l’insécurité entretenue dans l’est de la RDC. Hélas, ça ne fonctionne pas du tout. De plus en plus de gens demandent au président de lever la mesure et de revenir aux gouvernements civils dans les provinces concernées. La situation n’évolue plus bien comme on l’espérait. Que s’est-il passé ? Notre président ne communique plus à propos.

Je vais m’arrêter ici : la famille du président est malheureusement, elle aussi, trop citée dans des affaires de trafic d’influence, d’affairisme dans l’exploitation des ressources naturelles. C’était aussi le cas sous Kabila, Mobutu… Pourtant, Félix Tshisekedi crie « le peuple d’abord », à qui veut l’entendre.

Pendant ce temps, ce peuple meurt de faim, d’insécurité, même dans la capitale où des femmes et de jeunes filles sont enlevées et traumatisées.

Le sénateur à vie Fatshi !

Je ne veux pas faire ici le procès le Félix Tshisekedi. Je préfère ne plus évoquer d’autres exemples. Tout cela, finalement, me permet de constater que ce n’est pas le président qui va nous aider à sortir du désordre dans lequel le Congo est entré depuis des décennies.

Félix Tshisekedi, comme tout artiste, a montré ses limites. Il a fait ce qu’il pouvait. Ne lui donnons plus un nouveau mandat. Aidons-le plutôt à organiser de bonnes, de meilleures élections et sans lui comme candidat. Puis, faisons-en un sénateur à vie, quelqu’un qui sera respecté pour de bonnes oeuvres qu’il aura accomplies.

Lui donner cinq ans de plus, ce serait une grave erreur, ça nous ferait prendre un retard de plus.

 

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