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Les quatre sortes de mendiants à Kinshasa

Boulevard du 30 juin, Victoire, Limeté, Gombe, etc, voilà des endroits où la mendicité est devenue professionnelle à Kinshasa. Les personnes qui mendient utilisent plusieurs astuces. Certains ont l’apparence des gens qui ne sont pas dans le besoin. Découvrez quatre sortes de mendiants kinois dans cet article.

Ce jour-là, le transport en commun est difficile comme d’habitude à Kinshasa. Je suis sur le boulevard du 30 juin, en face de la banque BCDC. Il est 14h. Un vieux  m’aborde d’un air plutôt calme et dit : « Ma fille, aide ton pauvre père à payer le transport. Ajoute-moi juste 500 FC. »

Le vieux tient dans sa main, un bloc-notes. « Je n’ai pas d’argent papa », lui ai-je répondu. Et c’est vrai : je n’en avais pas. Quelques secondes après, un monsieur vivant avec handicap et se déplaçant sur une chaise roulante se pose devant le vieil homme dont je viens de vous parler, et demande aussi de l’aide. 

Arrivée à la maison, j’ai partagé toutes ces histoires avec ma tante qui est aussi une personne vivant avec handicap. Elle en a ri tellement. À son tour, elle me parle de quatre sortes de mendiants qu’elle connaît. 

      1. Les personnes vivant avec handicap

Elles remplissent les rues de Kinshasa, principalement sur la très fréquentée place Victoire. On rencontre beaucoup qui demandent l’aumône. Les uns sur des chaises roulantes, les autres assis par terre. 

Sur le boulevard du 30 juin, là c’est beaucoup plus des personnes ayant une déficience visuelle qui se font guider par de petits enfants. Ces enfants sont ceux qui mendient à leur place et disent souvent : « Sunga aveugle » (de l’aide pour la personne aveugle). 

      2. Les faux malades

C’est souvent des femmes et des hommes qui se bandent l’œil ou la jambe en se faisant passer pour quelqu’un qui est blessé ou qui souffre d’une infection grave. 

Certaines femmes prennent avec elles de petits enfants qu’elles font passer pour des malades et vous disent : « S’ils vous plaît, aidez mon enfant malade. Je n’ai pas d’argent pour l’amener à l’hôpital. » D’autres mendiants se promènent carrément avec des plaquettes de médicaments vides. Et ils les exhibent dans la rue aux passants en se plaignant d’être malades et en manque d’argent pour renouveler la cure. 

     3. Les petits enfants 

J’observe cette réalité sur l’ex-avenue du 24 novembre. Des femmes assises aux abords des rues avec leurs enfants de moins de 10 ans. Elles les envoient suivre les passants pour mendier. Et comme ces enfants vous suivent en pleurant, vous avez du mal à ne pas céder à leur demande. 

Toujours sur cette avenue, des adolescents ont adopté une nouvelle formule de mendicité. Ils suivent souvent les jeunes filles avec des compliments du genre : « Grande sœur, tu es très belle ! Tu brilles comme une étoile. » Et une fois que vous prêtez attention à ces flatteries, ils se mettent à vous demander de l’argent. Depuis que je connais leur stratégie, je ne me prête plus à leur jeu.

     4. Les jeunes hommes et femmes 

Ils ressemblent à de personnes de tous les jours. Ils n’ont pas l’air pauvre et ne ressemblent aucunement aux personnes qui sont dans le besoin. Ils sont souvent bien habillés, élégants et beaux. Ils donnent l’impression de revenir du travail. Ces gens emploient un langage si poli et séduisant que très souvent, on a du mal à résister. 

J’espère qu’avec la venue au pouvoir du nouveau président Felix Tshisekedi, ces personnes vont cesser de mendier. Des emplois pourraient être créés, en tout cas c’est mon vœu. J’espère également que la situation des personnes vivant avec handicap sera prise en compte. Surtout qu’elles ont maintenant tout un ministère au gouvernement central. 

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Alors ces <>🕆 qui envahissent les bus🚐 de transport en commun, soit disant avec des orphelinats, des eglises qui manquent le loyer ou qui cherchent les gens pour qui prier en echange de quelques billets💵??