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La flatterie, une nouvelle forme de mendicité à Kinshasa

A Kinshasa, depuis quelques années maintenant, il s’est installé une nouvelle forme de mendicité mêlant courtisanerie, flatterie, servilité, mensonge, flagornerie et adulation. Cette manie prend des proportions inquiétantes dans la mesure où elle touche toutes les couches de la société et est tolérée chaque jour un peu plus. Je me demande si c’est un autre mal social à éradiquer ou simplement une nouvelle profession en gestation !

Si hier cette manière de faire était l’apanage des musiciens seuls, sous le nom de « Mabanga et matolo », aujourd’hui  le virus semble avoir atteint toutes les autres couches de la population. Tout le monde s’adonne à ce jeu juteux qui nécessite très peu d’efforts. Il suffit de trouver sa cible et la matraquer d’éloges fantaisistes jusqu’à ce qu’elle sorte quelques billets de banque. Facile n’est-ce pas ? Ici tous les coups sont permis : flatterie, courtisanerie, mensonge, flagornerie, adulation… tout pour faire tomber le fromage. Ce phénomène très répandu  revêt différents noms à Kinshasa « Matolo », « Tchèque », « Tôle », etc…

Un spot publicitaire  en vogue de la compagnie téléphonique Vodacom s’inspire largement de cette réalité kinoise dans la campagne de son nouveau produit. Je me souviens avoir déjà était appelé « homme soleil », « bourgeois gentilhomme », « grand-prêtre », « super-boss », « full boss », « leader », « code mondial », « sauveur de l’humanité », « papa social », « maboko banque », « ba petits na yo bazolia te », « millionnaire en franc congolais »… Autant de termes pompeux, à tel point que j’en oublie d’autres.  Certains vont jusqu’à vous octroyer des titres académiques pour des études que vous n’avez jamais faites, juste en se fiant à votre apparence. Ce qui m’étonne, c’est le silence de la société face à ce qui, pour moi, parait comme du harcèlement. Pourquoi sommes-nous tombés ci-bas ?

A chaque cause son effet

La crise économique, l’oisiveté, le manque d’emploi, la recherche du gain facile… sont en quelque sorte les tristes réalités cachées derrière cette forme de mendicité accrue qui commence à prendre des allures d’une profession. Certaines rues deviennent infréquentables quand vous n’avez pas assez d’argent dans vos poches, de peur qu’on ne vous en demande. Devrait-on arriver au point de criminaliser la mendicité ? Comment l’Etat et la population peuvent-ils ensemble éradiquer ce phénomène qui s’enracine dans notre société ?  

Les musiciens et les journalistes (chroniqueurs de musique) font partie de ceux qui diffusent à grande échelle cette « culture » répugnante, en faisant ce qu’on appelle le « matolo », expliqué plus haut. En tant que communicateur de masse, je pense qu’utiliser ces termes pour mener une campagne contre ces pratiques qui nous vident les poches serait une solution parmi d’autres. On pourrait aussi penser à l’interdiction de l’usage des « mabanga » (le fait de citer les noms des personnalités) dans les chansons de la rumba… Quoique ceci passerait pour une solution radicale.

 


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Les commentaires récents (4)

  1. Et bien moi je pense que ce phenomene de mendicité ne peut etre eradiquer que s’il y avait de opportunités pour tous dans notre pays.la plus part de jeune congolais sont decouragé par le systeme d’embauche qui consiste à retenir le proche du chef …

  2. Ce sûre ici chez nous nous avons de choses a éradiquer comme vous vennez de le dire mais la meilleur de chose a faire ce d apprendre certaines l éducation civique est morale parce-que ce dernier le manquent

  3. Article fort intéressant. Par moment je m’en demandais si j’etais le seule à avoir ce sentiment. Par contre dommage et ne pas avoir ouvert les perspectives à ce sujet…

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