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Connaissez-vous les quatre armes mystiques du Grand-Kasaï ?

Dans les traditions du Grand-Kasaï, l’impunité n’existe pas. Le sol kasaïen est considéré comme sacré. Si vous commettez un crime ou une dérive quelconque dans la société, vous devez vous attendre à des sanctions. Cela va des sévices corporels aux amandes et corvées, jusqu’à la peine capitale. La justice était exercée soit par le chef du village et les ancêtres, soit par ce que l’on croyait être le « Nzambi » ou « Mvidi mukulu » c’est à dire Dieu en langue tshiluba. Ces sanctions permettaient de maintenir l’ordre, la pureté et la sécurité en famille et dans la communauté.

Certaines choses sont peut-être de simples mythes et préjugés, d’autres en revanche sont des réalités. Aujourd’hui au Kasaï, notamment dans la tribu luba, le pouvoir coutumier a perdu toute sa force (ou presque) en raison de son rapprochement avec la politique et la civilisation modernes. C’est parce que les interdits coutumiers ne sont plus respectés. Cependant, la justice dite mystique et « divine » conserve encore un réel pouvoir sur le sol kasaïen. Les témoignages qui le confirment sont légion. Pourtant, ce sont des choses qu’on ne peut expliquer ni par la science ni par la raison, mais qui se produisent quand-même. Voici par exemple les quatre armes mystiques et mystérieuses du Grand-Kasaï. 

Kansonda : c’est une balle d’arme mystique qu’on lance à quelqu’un qui a commis un crime dans la société (viol, adultère avec une femme d’autrui, vol, extorsion de biens, etc.). Le kansonda est mortel et il est lancé à distance par un nganga (maître sorcier) sollicité pour le faire. La victime ressent comme un coup violent, une balle invisible qui se loge dans son corps, ou un malaise brutal qui le tue sur le champ ou au bout de quelques jours. La médecine moderne n’y peut rien. 

Nkuba (Foudre) : c’est un coup de tonnerre mortel, à ne pas confondre avec les tonnerres naturels produits par les éclairs et le choc des nuages lors d’un orage ou d’une pluie. Au Kasaï, la foudre est un tonnerre fracassant qui se produit même sans orage ni pluie. Et la déflagration est extraordinairement brutale, assourdissante et épouvantable. Le nkuba est une arme de vengeance. La victime meurt sur le champ ou quelques minutes après. Son corps se noircit et donne l’impression d’être brûlé. Avant de rendre l’âme, certaines victimes de nkuba confessent le crime qu’elles ont commis, par exemple : « J’ai couché avec la femme d’autrui », « J’ai volé un colis de diamant », « J’ai pris et consommé une dot qui ne m’était pas destinée »… D’autres, avant d’expirer, ont déclaré avoir vu venir vers eux un léopard, un chien ou un lion mystérieux, bref un animal de la mort. Le nkuba ne badine pas : parfois, le corps de la victime est littéralement morcelé comme par de la dynamite ou une bombe à fragmentation. 

Nteta (mine anti-personnelle mystique) : c’est un piège mystique mortel que vous piétinez sans le savoir. Ça peut être des herbes, des excréments humains ou des choses semblables travaillées mystiquement et posées dans votre champ, votre bureau ou devant votre maison, pour que quand vous les touchez ou vous les piétinez, vous ayez une plaie cancéreuse incurable par la médecine moderne. Seul le nganga qui a posé le nteta – ou un ngaanga qui connaît l’antidote – peut le soigner. Sinon la personne va mourir.

Tshibindi : c’est en quelque sorte la conséquence malheureuse découlant d’une violation d’un interdit coutumier chez les Luba du Kasaï-Oriental. Certains cas de tshibindi sont réparables (par exemple l’inceste), d’autres peuvent conduire à la mort, (l’adultère non confessé d’une femme mariée)… La femme coupable de tshibindi peut faire des fausses couches répétées, son ventre peut gonfler sans cause, son mari peut voir ses affaires ou sa santé se dégrader, etc. Et ce, jusqu’à ce que le péché soit confessé.

A noter que le nteta et le kansonda sont devenus des armes de haine et de jalousie. Ils peuvent désormais frapper même des innocents. Quelqu’un qui est jaloux de votre richesse, de votre maison, plantation, emploi, peut vous piéger avec le nteta ou vous lancer le kansonda. Mais au départ, ces armes ne frappaient que les véritables coupables. Il existe au Kasaï des choses bien plus mystérieuses que ça. Et les explications diffèrent d’une tribu à une autre.

Je ne vous affirmerai pas que ces armes sont vraies, attestées ou scientifiquement prouvées. Je peux néanmoins vous assurer en une vérité certaine que nombre de Kasaïens croient dur comme fer que l’usage de ces armes mystiques est la cause de disparition soudaines ou de maladies graves de proches ou amis.

 


Vous pouvez relire sur Habari RDC : Non, aucune tribu n’a de gris-gris contre les balles en RDC !

 

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Les commentaires récents (2)

  1. Nous avons lit ce que vous avez expliqué sur les 4 armes,mais il ya encore d’autre arme qui tue beaucoup (LUFUILA) ce quand un mari meur une femme reste avec le LUFUILA manant si tu va faire avec l’amour elle si tu ne connais pas tu vmourira ?

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