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Seules les cartes d’électeurs de Goma facilitent l’entrée au Rwanda 

Les habitants de différents coins de la province du Nord-Kivu préfèrent obtenir leurs  cartes d’électeurs à Goma plutôt que dans les territoires où ils vivent. Pour cela, ils n’hésitent pas à parcourir de longues distances afin de se faire enrôler à Goma. Cet engouement à l’enrôlement dans la capitale du Nord-Kivu n’est pourtant pas motivé par le souci de voter, mais plutôt parce que la carte d’électeur délivrée à Goma présente un avantage : elle  facilite le passage à la frontière rwandaise.

À défaut d’un laissez-passer, d’un passeport ou d’un document de la CEPGL, qui sont tous payants, la carte d’électeur permet de passer gratuitement de Goma à la ville rwandaise de Gisenyi. Mais pas n’importe quelle carte d’électeur, il faut celle portant la mention « Goma ».

Raisons commerciales 

Ce sont surtout les petits commerçants qui font de nombreuses navettes entre le chef-lieu du Nord-Kivu et la ville de Gisenyi qui sont le plus motivés par la carte d’électeur. La raison est simple : avec une carte délivrée ailleurs qu’à Goma, il faut payer un laissez-passer de cinq dollars américains chaque fois qu’on veut traverser la frontière. Un montant jugé exorbitant par ces petits commerçants dont le chiffre d’affaire ne dépasse guère cinquante dollars et qui parfois effectuent plus de dix navettes par jour entre le Rwanda et la RDC. Pour ces commerçants, à quoi bon de débourser cinq dollars à la frontière, alors que la carte délivrée à Goma résout le problème.

Les cartes de Walikale pas les bienvenues au Rwanda

Le contrôle n’est pas rigoureux à la frontière, surtout du côté congolais. Il n’y a qu’à verser quelques pourboires de 100 ou 200 francs congolais aux agents de migration, et le passage est libéré. Cependant, une fois arrivé sur le sol rwandais, on court le risque d’être arrêté. C’est en tout cas ce qu’a vécu Jonas Ngabo, un journaliste de Goma. Il raconte : « J’ai payé 100FC avant d’entrer au Rwanda. Côté congolais,  je n’ai fait l’objet d’aucun contrôle à l’aller. C’est plutôt à mon retour que des policiers rwandais ont découvert que ma carte d’électeur n’était pas délivrée à Goma, mais à Walikale. »

Le journaliste poursuit en disant : « Ces policiers rwandais  m’ont considéré comme un espion des Mai-Mai de Walikale. Nous étions à deux, moi et mon ami qui s’était fait enrôler à Goma. On l’a laissé passer ; par contre moi j’ai été arrêté en attendant qu’on vérifie mon cas, si j’étais une personne dangereuse ou pas. »

Le journaliste n’a obtenu sa libération que grâce à l’intervention des agents de la Conférence internationale sur la région  des grands lacs (CIRGL) et des agents de migration du Congo.

La convention de libre circulation des populations et des biens entre le Rwanda et le Congo permet de circuler entre les deux pays rien qu’avec une simple carte d’identité nationale. Les Congolais ont du mal à bénéficier des avantages de cette convention simplement par manque de vraie carte d’identité. Notre pays est probablement l’unique au monde où la carte d’électeur sert de carte d’identité.

Le gouvernement de RDC devrait faire diligence pour doter les Congolais des cartes d’identité en bonne et due forme. Cela évitera à nos compatriotes de payer des services qui pourtant sont gratuits. C’est une question d’honneur et de dignité pour notre beau et grand pays.

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