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RDC, 2e pays africain le plus affecté par les coupures d’Internet

De 2016 à 2018, le Congo a subi plusieurs coupures d’Internet. Ces évènements se sont produits malheureusement pendant des périodes cruciales de l’histoire du pays. C’est le cas lors des élections, fin de mandat de Kabila, manifestations démocratiques…

Les raisons avancées pour nous priver d’Internet sont malheureusement des raisons dites d’Etat. L’internet serait-il donc devenu l’ennemi public numéro 1 des politiciens congolais ?

112 shutdowns dans le monde

A en croire le dernier rapport sur les coupures d’Internet dans le monde réalisé par #KeepItOn de Access Now, la RDC est classée 7e pays au monde ayant subi le plus de coupures d’Internet ces 3 dernières années avec 6 coupures. Le pays de Tshisekedi est 2e en Afrique jusqu’à présent, après l’Ethiopie qui en a subi 11.

Selon Berhan Taye qui dirige la campagne #KeepItOn, avec qui j’ai échangé à ce sujet, les gouvernements sont loin d’abandonner ces pratiques. « Nous faisons beaucoup pour documenter, vérifier et identifier les coupures dans le monde. Nous gagnons donc à faire en sorte que les arrêts et les violations des droits de l’homme qui vont de pair ne passent pas inaperçus. Cependant, il y a encore du travail à faire dans notre lutte contre les interruptions. Nous avons documenté plus de 112 shutdowns dans le monde jusqu’à aujourd’hui. Cela nous montre que nous devons faire plus et mieux. Les gouvernements n’arrêteront pas les coupures d’Internet si tôt », a-t-elle expliqué.

Des millions de dollars perdus au profit des pays voisins

L’internet étant devenu un facteur qui détermine le train de vie quotidien de la population, les habitants des villes frontalières en RDC n’ont d’autre solution que de recourir aux services des fournisseurs des pays voisins, lors des coupures. C’est le cas des habitants de Goma et Kinshasa, obligés d’acheter des puces des fournisseurs du Congo-Brazzaville et de Gisenyi au Rwanda pour avoir accès à Internet lors de la dernière coupure survenue en janvier 2019 en RDC. Ce qui signifie que l’argent des Congolais entrait dans le Trésor public des pays voisins !

Pour ne parler que de cette dernière coupure, en l’espace de 20 jours, le pays a perdu plus de 64 374 738 USD soit un peu plus de 106 milliards de francs congolais. « Les coupures d’Internet sont mauvaises pour les affaires et les droits de l’homme. Si nous continuons à fermer Internet au rythme actuel, cela érodera un grand nombre de libertés pour lesquelles nous nous sommes battus et les violations des droits de l’homme commises lors des fermetures d’Internet ne seront pas traitées de manière adéquate », a rappelé Berhan de Acces Now.

Des coupures justifiées par la loi

Autre chose, l’article 46 de la loi sur les télécoms en vigueur RDC est l’outil qui donne le droit au gouvernement de couper Internet quand et comme bon lui semble. Tenez, cet article stipule : « l’Etat peut, soit pour des raisons de sécurité publique ou de la défense du territoire, soit dans l’intérêt du service public, soit pour TOUT AUTRE MOTIF,  interdire en tout ou en partie, et durant le temps qu’il détermine, l’usage des installations des télécoms. »

Quoique revue en 2018, plutôt pour les aspects purement commerciaux, cette loi regorge encore de quelques dispositions liberticides. Elle donne plein pouvoir à tout dictateur qui prendrait le pouvoir de faire ce que bon lui semble de notre droit d’accès à Internet. Ne serait-il pas temps d’amender cette loi dans sa dimension respect des droits de l’homme ?

 

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