Sifflet - Lubumbashi

Le sifflet qui tue à Lubumbashi

À Lubumbashi, les habitants vivant dans les quartiers où l’insécurité bat son plein, vivent des nuits d’horreur. Tout se passe comme si ceux qui doivent assurer la sécurité faisaient la sourde oreille. Des voleurs tuent, volent des biens, et vont même jusqu’à violer. Les gens ont alors décidé de s’alerter par des sifflets, mais la méthode se révèle périlleuse.

Siffler et faire du bruit, en cas de vol en cours ou de tentative de vol, permet de faire fuir les voleurs ou les bandits. Aujourd’hui, la stratégie ne fonctionne plus. Des gens sifflent, mais il n’y a plus personne pour relayer le bruit et cela finit très mal pour certains à Lubumbashi.

Aucune intervention des habitants n’a lieu après des sifflements. Conséquence, le siffleur solitaire est immédiatement visé par les bandits. Dans le quartier Golf, un homme a ainsi été tué pour avoir sifflé. « Tukaisha uku tuta kuya nakwako », « dès que nous terminons ici nous viendrons à toi », avait prévenu un des bandits sifflés.

À Kamatete par exemple, en périphérie ouest de Lubumbashi, un groupe de jeunes s’était organisé pour s’alerter par téléphone. Une sorte d’auto-défense populaire. Pour le jeune Zongwe, membre de ce groupe d’auto-défense, le plus grand problème pour les populations c’est la peur, et les bandits le savent bien.

Une chaîne d’alerte rompue

Le sifflet élément déclencheur de résistance populaire est ainsi devenu dangereux. Les gens n’osent plus siffler en raison du risque d’être pris pour cible par des bandits. Hélas, de cette manière, ils rendent service à ces derniers. Nous croyons que le problème n’est pas du côté des populations qui ne réagissent pas et qui cassent la chaîne d’alerte. Car l’objectif de ces sifflets n’est pas de neutraliser les voleurs. Ce serait même naïf d’y croire. C’est juste pour les mettre mal à l’aise et les pousser à se retirer.

Lorsque le tintamarre monte dans la nuit, les services de sécurité peuvent entendre et intervenir. Or à Lubumbashi, la police arrive souvent tard le matin. Et si par chance elle veut intervenir la nuit, elle arrive gyrophares allumés. Ce qui alerte les bandits qui ont ainsi le temps de détaler à temps.

 


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