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RDC : une culture du viol s’installe à Lubumbashi

Il se passe dans les violences urbaines, devenues presque quotidiennes à Lubumbashi, une pratique très inquiétante. Un fait de société universel qui traumatise à Lubumbashi. Puisqu’à l’occasion de vols, on viole et on tue en même temps. Comme pour anéantir ses victimes. Les malfrats sont déterminés à nuire, à détruire et non pas seulement à cambrioler parce qu’ils sont dans le besoin. Les cas sont légion.

On se demande si violer n’est pas en train de s’ériger en une certaine culture criminelle en RDC. Il fut effectivement un temps à Lubumbashi, vers 2008, où les gens volaient et violaient à la fois. Un député en a même été victime en 2015 : criblé de balles, une de ses enfants violée. Cette pratique indigne, s’est de nouveau produite la semaine dernière à Lubumbashi au quartier Plateaux Karavia, où dans une famille, une fille a été violée, une mère et son bébé tués. L’affaire a suscité des manifestations violentes. Hélas, le constat amer est là, mais le phénomène perdure.

Etudiants à l’Université de Lubumbashi, Vamossi Mwanza et sa sœur Rachel, habitant le quartier Lido Golf, ont été assassinés au cours des derniers vols assortis des viols à Lubumbashi. Les brigands, qui ont fait irruption dans leur maison, ont cherché à s’emparer d’un chèque d’argent dont ils avaient eu écho dans le foyer. Le  seul tort du jeune homme aura été d’avoir secouru sa sœur, objet de violence sexuelle par l’un des bandits. Les deux infortunés ont été abattus par balle sans aucune autre forme de procès.

Nulle raison pour justifier le viol comme « arme de crime »

La précarité économique, le chômage, l’impasse politique, etc, qui secouent la RDC peuvent expliquer la recrudescence de l’insécurité presque généralisée dans le pays. Cependant, rien, alors rien, ne peut justifier le fait qu’en plus de vols et tueries, les bandits aient recours au viol. On connaissait le viol comme « arme de guerre », il est devenu la nouvelle « arme de crime ». De nombreuses familles du quartier Golf, par exemple, ont déplacé leurs filles vers des quartiers moins touchés par ce phénomène, en vue de les protéger. S’ils ne peuvent eux-mêmes violer, les gangsters exigent aux jeunes gens de coucher avec leurs mères, leurs sœurs, ou les filles avec leurs pères. C’est sans doute pour détruire, déstructurer la famille. Difficile, en réalité, de comprendre pour quel résultat final.

Selon la députée Ntumba Rose de l’Assemblée provinciale du Haut-Katanga, le viol aurait été l’une des causes de la guerre de 40-45. A l’entendre parler, il s’agit d’un mode opératoire visant à déstabiliser le pouvoir et à inciter au soulèvement populaire. « Ces viols sont contraires au respect ancestral et contribuent à la malédiction de la RDC », a-t-elle indiqué. S’il en est ainsi, l’alerte est lancée aux services de sécurité pour s’investir et mettre fin à cette criminalité sans transiger. Pourtant, les soldats sont dans la plupart des cas, soupçonnés d’être derrière ou complices de ces actions. Et c’est toute la complexité de ce problème à Lubumbashi.

 

 


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