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Therthia Kabedi, première femme à avoir créé un site web d’information au Kasaï-Oriental

Au départ, Thertia Kabedi voulait devenir médecin. Mais des évènements malheureux dans sa famille l’en ont dissuadée. Elle a abandonné l’idée lorsqu’il y a eu plusieurs décès consécutifs dans sa famille.  Elle explique : « Beaucoup de membres de ma famille sont morts. Je me suis dit à quoi me sert encore la médecine ? Pour sauver qui ? Or, la médecine c’est pour sauver des vies. Mais ceux que je pouvais aider sont morts. »

Originaire du Kasaï-Oriental, Thertia Kabedi a grandi à Lubumbashi. C’est là qu’elle a fait ses études primaires, secondaires et une partie de son cursus universitaire. Lorsqu’elle a abandonné l’idée de faire la médecine, elle a opté pour la faculté des relations internationales. Elle témoigne : « Une amie m’a conseillé de faire les relations internationales à l’université. L’idée de devenir un jour diplomate ou ambassadrice pour mon pays me plaisait beaucoup. C’est ainsi que j’ai décroché mon diplôme de graduat en relations internationales à l’Université de Lubumbashi. »

Son atterrissage en journalisme 

En 2011, Kabedi quitte Lubumbashi pour son Kasaï-Oriental natal. Problème : elle commence à envier le métier de journalisme. Quand elle était à Lubumbashi, elle s’essayait déjà au micro à la radio, et avec brio. Petit-à-petit, elle oublie son diplôme de relations internationales au profit de la radio.

Arrivée à Mbujimayi, son goût pour le journalisme explose. Thertia Kabedi est recrutée à des télévisions locales telles que Radio télé Océan pacifique (RTOP FM) puis Radio Mont Carmel et télévision. Elle a animé des émissions comme La femme et la société, et aussi Pour l’amour du Congo. Cette dernière était à caractère politique.

Tout en exerçant le métier, Thertia décide de retourner à la fac, pour cinq ans de plus. Cette fois-ci à l’Université officielle de Mbujimayi. Elle y obtient ainsi son diplôme de licence en sciences de l’information et de la communication, option communication des organisations. Sa carrière de journaliste prend des ailes.

« Mon succès c’est résultat d’un bon travail »

Lorsqu’elle est sur le terrain avec micro, dictaphone et caméra, Thertia Kabedi fait son travail avec beaucoup de discipline et d’abnégation. « Mon succès c’est le résultat d’un bon travail. Quand je fais quelque chose, j’essaie de marquer la différence avec d’autres femmes qui sont dans le même domaine que moi », confie-t-elle

Et d’ajouter : « Notre travail c’est la récolte, le traitement et la diffusion de l’information. Je m’inspirais beaucoup des femmes journalistes sur France 24 et TV5 Monde. Leurs reportages sur le terrain m’intéressaient. Chez nous la plupart des femmes aiment la facilité. Moi je travaille dur, et ce que je fais attire des partenaires qui acceptent d’appuyer mon travail ».

Première femme à avoir créé un site web d’information au Kasaï-Oriental

Kabedi a retenu par cœur un conseil d’un de ses enseignants à l’université. Elle en parle : « Un jour, un de nos enseignants nous a dit : ‘Un universitaire quand il a son diplôme, c’est pour créer des emplois et non être toujours employé par d’autres personnes’. Ce conseil-là m’a beaucoup marquée. Voilà pourquoi j’ai créé mon propre média : Clairon Pro TV.  C’était d’abord une chaine YouTube. Ensuite j’ai créé un site web Clairon-info.net. » 

En vue de développer son projet, Thertia Kabedi envisage de créer prochainement un groupe de presse comprenant également une radio et une télévision connectée sur Canal+. Elle est aussi dans l’agriculture, secteur dans lequel elle dispose de plantations de maïs dans le territoire de Tshilenge.

A la question de savoir si elle a des ambitions politiques, elle répond : « La politique ne m’a jamais intéressée ! Je préfère continuer à faire et à développer ce que je fais dans les médias. »

 

*Cet article est produit en partenariat avec  l’ONG Coopération Education Culture (CEC – Bruxelles), l’Institut pour la Démocratie et le Leadership politique (IDLP-Kinshasa) et l’association Investing in People (IIP – Kinshasa) dans le cadre du programme BOKUNDOLI. En savoir plus sur le programme Bukundoli

 

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