Cour d'appel du Kasaï-Oriental en RDC
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Le tribunal de grande instance de Mbujimayi fonctionne dans la précarité

Depuis longtemps, les juges du tribunal de grande instance de Mbujimayi tiennent au palais de justice leurs audiences dans des conditions qui laissent beaucoup à désirer. Des conditions peu confortables. Ils manquent presque de tout. Je me demande si cela ne risque pas d’influer sur leur façon de dire le droit et de rendre justice.

Ce tribunal civil et pénal siège, pas même à la manière d’un tribunal coutumier, hormis le port des toges obligatoire. N’est-ce pas une honte pour une ville de Mbujimayi appelée capitale mondiale du diamant industriel ?

Le prestige de devenir magistrat au Kasaï-Oriental ne fait plus rêver outre mesure les jeunes qui aspirent à des fonctions de juges ou de procureurs. Ce monde judiciaire qui m’a tant attiré personnellement dans ma jeunesse ! Mais à voir les conditions matérielles de tenue des audiences pour trancher les litiges de mes concitoyens et des étrangers, je suis déçu. Parfois, on devient juriste pour aller trouver mieux à l’étranger ou dans d’autres provinces du pays. 

Quand le juge est mal à l’aise sur son siège 

Un prétoire vétuste dont les portes d’entrée sont rongées par des termites. Ici c’est le contraire de ce qui est connu dans la tradition judiciaire où les sièges des juges et des procureurs sont préétablis. Au TGI de Mbujimayi, avant l’ouverture de l’audience, la composition s’amène avec ses propres chaises en plastique à associer à une vieille table constituée d’une partie en acier et une autre en bois, sans aucune uniformité. 

Pendant l’audience, on se tient devant un banc sur lequel s’appuient les plaideurs (avocats et défenseurs judiciaires). Une partie de ce banc a été dépouillée pour meubler la nouvelle salle d’audience de la Cour d’appel du Kasaï-Oriental. On trouve au TGI seulement deux banquettes servant de sièges à l’assistance pour suivre le déroulement des audiences. Beaucoup d’avocats sont condamnés à rester debout jusqu’à l’appel des causes qu’ils défendent. Pourtant, ce tribunal tranche des litiges des grandes sociétés comme locales comme la Miba, la Sacim, la Raw Bank, BCC, TMB, etc. Parfois j’ai honte de constater qu’à la mairie de Mbujimayi, même un petit local qui n’a besoin que d’un coup de peinture, on fait appel à la Monusco ! 

Ce seul tribunal de grande instance de la ville de Mbujimayi mérite un peu de dignité à la hauteur du prestige de la profession du droit et de la notoriété de la ville de Mbujimayi.    

Marcel Kadisha

 

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