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En RDC, les dirigeants humilient les citoyens « 60 fois par jour »

D’entrée de jeu, je voudrais dire que ce chiffre est symbolique. Je l’ai choisi parce qu’en 2020, le pays va fêter ses 60 ans d’indépendance. Pourtant, le pays ne semble toujours pas décoller. Autant le pays est dit « scandale géologique », autant les dirigeants sont auteurs de plusieurs scandales financiers d’enrichissement illicite.

Chaque jour qu’un Congolais vit est un ensemble d’insultes qu’il reçoit de ses dirigeants, car il est inacceptable que le Congolais ait le quotidien qu’il a, avec tout ce que son pays possède. Pour moi, 60 ans d’indépendance veulent dire qu’en moyenne, un Congolais est insulté 60 fois par jour par nos dirigeants.

Ce que vit le Congolais au quotidien

Être Congolais c’est comprendre qu’en six mois, le cercle de la présidence a été auteur du détournement de 15 millions en rétro-commissions. Ensuite, 650 millions, puis 57 millions de dollars américains en marchés passés de gré à gré. Et ce n’est que la partie visible de l’iceberg.

Être Congolais, c’est aussi apprendre qu’à la Gécamines, 200 millions seraient aussi en voie de disparition. Tous ces scandales ne datent même pas d’un an ! C’est seulement depuis que Félix Tshisekedi est président.

Être Congolais, c’est apprendre que le directeur de cabinet du président offre 30 vaches au fils de James Kabarebe, ancien chef de l’armée rwandaise, lors de son mariage. Pendant ce même temps, les anciens combattants meurent de faim et ne sont payés que 9000 francs congolais par mois, soit 0,6 dollar américain.

Être Congolais, c’est apprendre que 31 députés dits « élus » seront rémunérés comme députés alors qu’ils ont été invalidés par la Cour Constitutionnelle, mais quelle ironie mon Dieu ! Quand on sait qu’un député national touche jusqu’à 13 000 dollars par mois…

Être Congolais, c’est assister impunément à tout ceci sans rien faire ; c’est apprendre que la présidence a fait sauter son budget annuel en quelques mois. On se demande comment autant de millions de dollars peuvent être aussi facilement dilapidés par l’entourage de Félix Tshisekedi.

Être Congolais, c’est savoir que depuis six ans on tue des innocents à Beni et ni notre armée, ni ses collaborateurs de la mission onusienne ne peuvent nous dire qui est le tueur ;

Être Congolais, c’est avoir une promesse immature et intenable de la gratuité de l’école, mais des milliers d’enseignants restent impayés. Ce qui les pousse à la grève et au final, il y a moins d’enfants à l’école après la « gratuité » qu’avant la gratuité.

Être Congolais, c’est voir la société Virunga SARL faire payer l’électricité aux pauvres paysans, à des coûts qu’ils ne peuvent pas tenir. Puis au final, cette électricité, produite pour les riverains et la protection du parc des Virunga, est transportée à Goma où des populations plus aisées peuvent payer. C’est une injustice.

Être Congolais, c’est voir un Olengha Nkoy rester à la tête du Conseil national du suivi de l’Accord de la Saint-Sylvestre, un an après les élections. Ce type a le même salaire qu’un Premier ministre et le budget qui lui est alloué vous donnerait le tournis.

Être Congolais, c’est voir sur les réseaux sociaux que le directeur de cabinet du président offre des cadeaux dépassant tout son salaire à sa nouvelle femme et ses beaux-enfants, pendant qu’à Beni, les militaires congolais ne mangent pas à leur faim.

Être Congolais, c’est entendre tous les jours que l’on vit dans un pays immensément riche mais se voir pauvre de génération en génération. Une insulte perpétuelle aux Congolais.

Être Congolais, c’est voir comment la justice est à deux vitesses. Un policier meurt en prison pour une dette de 600 francs congolais, un tiers du dollar américain, alors que l’on a étouffé l’affaire du « présumé » détournement des fonds alloués à la lutte contre Ebola. Fonds gérés par l’ancien ministre de la Santé.

Être Congolais, c’est voir ses produits champêtres pourrir faute de routes pour les transporter. C’est voir un ancien Premier ministre, honteusement riche et patron d’une université portant son nom. Personne ne sait l’origine de son argent.

Être Congolais, c’est voir que Ne Mwanda Nsemi, qui s’était évadé en provoquant la mort de plusieurs policiers et militaires commis à la garde de la prison centrale de Makala revient tranquillement devant la scène politique et est accueilli en héros. Il est aujourd’hui en liberté. Il est allé jusqu’à se proclamer président de la République.

Être Congolais, c’est voir Mamadou Ndala assassiné, et le seul témoin de l’action meurt un jour après son témoignage réfutant la thèse de l’armée. 6 ans après, aucune vérité n’est à ce jour connue.

Être Congolais, c’est subir les humiliations quand on essaie de trouver un visa pour l’Europe ou les États-Unis. Car simplement « ton pays a mauvaise presse ».

Être Congolais, c’est voir la chaine nationale chanter les louanges du chef de l’État, sans rien dire sur des morts de catastrophes naturelles ou encore des massacres de Beni.

Être Congolais, c’est tout cela et encore pire. Pourtant, le Congolais reste le citoyen le plus fier de sa nationalité. Nos dirigeants ne font rien pour changer nos vies. Ils arrivent au pouvoir, même après des décennies d’opposition, et commencent à se servir et à servir leurs familles. Ils prennent des centaines de « conseillers » et font des gouvernements parallèles via leurs cabinets.

Voilà ce qu’est le quotidien d’un Congolais. Il vit insulte sur insulte. Les morts ne sont plus que des chiffres : 11 morts, 78 morts, 60 morts. Ces chiffres ne disent plus rien aux dirigeants.

Si seulement ceci peut changer un jour ! Si seulement, ces personnes à qui le peuple a donné le pouvoir, peuvent un jour faire leur travail ! Si seulement un jour on ne nous insulte pas ! Espérons-le pour nos 60 ans d’indépendance…

 

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