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Lettre aux politiciens : pourquoi les actions ne suivent pas vos paroles ?

Chers politiciens, c’est à vous que je m’adresse ! Je sais que vous me lirez et que, même si vous ne me répondez pas, vous aurez compris la préoccupation qui ronge mon âme !

Chers « Excellences » (car c’est comme ça que vous voulez qu’on vous appelle). Avant toute chose, sachez que je ne suis pas là pour vous juger, je ne suis qu’une simple citoyenne motivée par le souci de comprendre !

Vous êtes créateurs des mots qui ne sont pas suivis d’acte

Glissement, concertation nationale, coalition, mouture, rétrocommission, etc. Grâce à vous, j’ai enrichi mon dictionnaire ! Bravo car, tous vous vous êtes illustrés dans l’emploi et la «création» des mots. Je vous félicite aussi parce que malgré tout il arrive, quoique rarement, que vous accouchiez des idées emphatiques et éblouissantes. Le seul hic est que cela coince quelque part quand il s’agit de passer à l’acte pour relever certains défis. Vous tâtonnez, vous observez, ou pire vous optez pour de pseudo-solutions qui n’ont pas marché dans le passé. (Oups ! J’ai dit pourtant que je n’étais pas là pour juger… Désolée ! )

Aujourd’hui, j’aimerais vous écrire au sujet d’un de vos refrains qui reviennent en mode non-stop : « Il est temps ! »

Il est temps que les choses changent !

Il est temps que la sécurité soit rétablie !

Il est temps que le Congo se réveille !

« Il est temps … Il est temps… Il est temps » !

Que n’ai-je donc pas entendu toutes ces années ? Vous nous faites gober promesses sur promesses, renforcées par ce fameux « Il est temps ». J’avoue, non sans rire, qu’il fût un temps où ma naïveté avait le dessus sur mes matières grises. Comme beaucoup de personnes, j’étais toute aussi emballée par les engouements et les semblants de détermination qui étaient ponctués par cet « introductif » alléchant dans vos discours. Il suffisait juste que l’un de vous en fasse usage, pour que mes espoirs prennent formes. L’inculte que j’étais, croyait dur comme fer à la définition de cette expression. Et nous savons (presque) tous « qu’il est temps » signifie tout simplement que cela urge et doit être fait sans attendre ! Mais j’ai aussi compris que vous incarnez la malignité. Car, même s’il est vrai que l’expression « Il est temps » signifie que l’heure est venue, elle ne donne aucune précision du temps ! Et vous, qui êtes faiseurs de pluie et de beau temps, en profitez largement.

Tout ce que j’aimerais savoir c’est le sens donné à cette expression en politique congolaise. Où la placez-vous sur la ligne du temps ? Est-ce aujourd’hui, demain, l’année prochaine ou dans un siècle ?

Je suis de ceux qui aimeraient le savoir, car :

  • Cela fait plus de cinq ans que vous nous dites qu’il est temps que la sécurité revienne à Beni. Et les morts se comptent par dizaine chaque semaine !
  • Cela fait presque deux décennies que vous nous dites qu’il est temps que l’eau coule de nos robinets à Goma. Et jusqu’à aujourd’hui c’est l’un des défis majeurs auxquels fait face cette ville.
  • Cela fait plusieurs années que vous nous dites qu’il est temps que le Congo devienne l’eldorado de l’Afrique. Avez-vous une idée sur la place que nous occupons dans le concert des nations ?

Chers politiciens, je sais pertinemment que vous ne me répondrez pas ! Mais aujourd’hui, je suis votre conscience, je suis dans votre conscience et je parle à votre conscience.

Chers « Excellences », un petit conseil qui vient de la petite personne inconnue que je suis : arrêtez de nous dire qu’il est temps, passez aux actes et ça sera à nous, le peuple, de dire : qu’il était temps !  

Votre concitoyenne !

 

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